Les explorateurs du dimanche

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jeudi,12 février 2015

Une belle dernière pour commencer!

08/02/2015 le Mirko avec PH et François

Compte rendu à 4 mains

Mel envoyé par PH sur la liste: 

"Chers Géesgiens,
Hier François et moi nous sommes rendus au Mirko.
En voyant que la clôture du trou avait été refaite de fort belle manière, j'y ai vu un très bon présage.

Mais en attendant que François nous relate avec le talent que nous lui connaissons nos péripéties par le menu, je ne résiste pas au plaisir de vous informer que nous avons franchi le passage qui nous avait arrêtés la fois précédente. Les arguments convaincants ayant été employés à bon escient, il n'a été pour François que de franchir l'ex-obstacle. Comme il était le petit dernier dans Mirko, c'est lui qui a fait la première. On est comme ça au GSG.
 Mais la précision qui nous est coutumière m'impose de vous dire que le plaisir du franchissement a été tout aussitôt mâtiné par une profonde déception au vu de ce qu'il y avait derrière.
Rien.
Un cul aussi impénétrable que celui d'une vieille carmélite en son couvent. Rien, et de rien à faire malgré l'usage peu mesquin que François fit de la 4/30, dite "la Cucarracha" ou "la mère Tapedur", associée à son complice le burin.
Nous en avons conclus qu'en même temps que nous faisions une première, nous enchaînions illico par une dernière.
Grandeurs et servitudes de la spéléo.
Tout est déséquipé, et nous avons retrouvé le burin de Michou.
Bien à vous
P-H"

                                                                                               PH se fait une  Lipo

Compte-rendu annoncé plus haut :

Que puis ajouter? Sans doute rien pour la science karstologique,un peu  plus sur l'anthropologie et plus particulièrement sur l'étude que nous menons depuis plusieurs années sur un groupe fréquentant la région des Gaves : le  géessegé.

Suite à ces retrouvailles avé le Péache, j'ai médité longuement et, avec le recul que donne le temps, j'ai noté que nous avions bien changé, surtout lui...

Après un trajet Oloron-Lurbe très court car nous étions plongés dans des confidences secrètes que nous tairons. Oui c'est comme ça avec PH, quand nous pratiquons une exploration : nous commençons par nous introspecter profondément...

Breeeef, comme dirait Michou, nous voilà à pied d’œuvre. Amarrage, corde, déviation... fluide, Passage de la première étroiture :

- "aaah! je passe pas!"

- "mais si, je fais 80kilos et je passe"

- "ah bon..."

                                                                                 La pause repas du manœuvre

Petit méandre, P3. PH équipe sur un spit de sa composition (à moitié planté... curieux, en d'autres temps...), étroiture verticale, 3.5m en horizontal et nous arrivons au sommet d'un P8, formé dans un joint vertical semble-t-il. Là, pas d'amarrage, PH continue sur de la 9mm qui frotte bien partout après avoir rabouté la corde à l'aide d'un noeud de sa facture (voir plus bas)... Curieux, en d'autre temps, je me souviens qu'il était plus regardant...

En bas, l'objet de sa convoitise qui devient le mien également : un départ de méandre pas large, où se perd un petit actif ainsi qu'un courant d'air aspirant...alors pourquoi pas nous?

- "bon alors, qu'est ce que tu en penses?"

- "ben, c'est jouable, ça a l'ai plus large en bas et on dirait un ressaut..."

- "Bon on remonte chercher le matos"

Et nous voilà reparti pour une petit parcourt d'obstacles que nous allons renouveler un certain nombre de fois. Tandis que PH fore à 400X10mm je crois, pour y mettre un bon bout de réglisse qui vous dégage les bronches comme il faut, je m'occupe de placer deux amarrages en haut du P8 après une brève concertation avec PH... Curieux, en d'autres temps on y aurait passé une demi heure (cf équipement du B3) 

Nous renouvelons deux autres fois et demi cette opération

- "p'tain on est bon, tu sens comme ça respire!"

- "ah oui, ça a bien dégagé"

Et là, je passe un de ces moments qui m'en rappelle plein d'autres (séquence émotion) : PH en train de taquiner les blocs suite à un ébranlage sérieux : de l'art! Oui de l'art plus que de la technique, un sens du coinçage, du petit cailloux qu'il faut titiller pour provoquer l'effondrement général (ceci en enfilant le bras en dessous du bloc qu'il cherche à effondrer) (une fois il a fait ça mais c'était sa tête qui été dessous...), un sens de la fissure invisible dans laquelle il enfile son gros burin à grands coups de Grosse Berta (alias la Coucarracha), et quand il est arrivé à ses fins, il vous pose sur l'étalage un énorme gigot qu'il entreprend de débiter méthodiquement, avec amour, à grands coups de 4X30 bien placés. Un tel savoir faire me laisse toujours admiratif.

Pour ne pas rester spectateur, je propose à PH de prendre la relève et, la Grosse Berta à bout de bras, je tente quelque chose:

-" putain, j'avais jamais réalisé à quel point je n'avais pas de muscle..."

- "oui mais tu es mince toi..."

- "tu trouves?"

- "..."

Finalement, une dernière demi chisbugne nous permet de conclure : un grand coup de botte dans le bloc qui nous barre le passage et tout s'effrite laissant apparaître un noir appétissant. Oubliant ma claustrophobie, je m'allonge dans le passage, ça frotte mais ça passe!Quand je parviens enfin à tourner ma tête, c'est pour tomber nez à nez, permettez moi cette image, avec un cul! (cf description de PH).

La paroi se resserre complètement, la plafond descend et pour confirmer l'ambiance, tel une énorme hostie (cf description de PH), un vieux plancher stalagmitique couvert d'un dépôt d'argile... Pourtant le courant d'air passe dans dans l'arrêt du cul (cf PH)!!

Déçu...

                                                                        Nos 3.5 mètres de première

Tient,il est 18h, c'est curieux, en d'autres temps ça fait un moment que nous aurions plié bagage...

- "bon, c'était de la dernière"

- "sûr"

Nous nous replions en bon ordre. Voyage de retour calme. PH évalue le dénivelé que nous avons parcouru avec nos allers-retours :

- "on a dû faire un -100m non?"

- "je pense"...

... puis plus rien. En d'autres temps, PH aurait calculé aussi, combien de cm de désob nous avons parcouru à l'heure, combien de m3 dégagés en moyenne sachant que nous avons fait un 1/2 tir, etc.

Noeud de jonction Géessegé

Pour conclure, je dirais qu'il y a un quelque chose qui a changé chez le PH, une sorte de détachement, de sérénité, de prise de distance que l'on trouve chez les mystiques après avoir parcouru un très  long chemin...

...Bon, la comparaison s'arrête là parce que,sur d'autres aspects, il n'a rien de mystique...

TPST : 5-6h? 

dimanche,16 février 2014

Les martiens existent. Il y en a à Lurbe

Tout d'abord, je sollicite du webmaster la création d'une nouvelle catégorie d'articles: la rubrique "Paranormal". En effet, la créature que Michel et moi eûmes la stupéfaction de voir apparaître sur la piste bordant le gouffre Mirko ne peut être classée que dans cette catégorie. Jugez plutôt:

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

A peine revenus de nos émotions, nous descendîmes au fond du gouffre et attaquâmes le programme prévu, à savoir dégager le fond du puits de l'acocumoncellement (patois fontespissien) de cailloux, boue, et ordures diverses oblitérant l'accès au méandre tentateur. Une heure a peine suffit à nos trois paires de bras musculeux et velus pour venir à bout de l'obstacle. Michel et PH, successivement, s'engagèrent dans l'étroiture ainsi dégagée, mais coincèrent, qui au niveau du bide, qui au niveau du sternum ...

OLYMPUS DIGITAL CAMERA         OLYMPUS DIGITAL CAMERA

C'est alors que, du côté de Merzouga, les oreilles de José se mirent à siffler: "Si José avait été là, elle serait passée en courant !", " Mais qu'est-ce qu'elle est allée faire chez les berbères ?", " Le contrôle technique des dromadaires, ça ne pouvait pas attendre ? !!!" Après une rapide vérification sur internet qu'aucun vol Merzouga-Lurbe-Saint-Christau n'était programmé dans l'après-midi, nous nous résolumes à nous débrouiller tous seuls et entreprîmes d'élargir l'étroiture en employant des moyens appropriés. Et c'est là qu'à ma grande honte, non content d'avoir oublié d'emporter une mèche de 8x600, je me plantai complètement dans les forages, si bien que le résultat de l'opération s'avéra décevant. Et re-bloquage, qui au niveau du sternum, qui au niveau du bide. Il va donc falloir y revenir.

lundi,27 janvier 2014

Gouffre Mirko à Lurbe

Gouffre Mirko (ex-trou de la piste à Lurbe-saint-Christau), dimanche 26 janvier 2014 aux aurores.   Selon des informations recueillies hier à l'occasion de l'AG du CDS à Oloron, une équipe de la SSPPO prévoit de venir ce dimanche explorer un gouffre s'ouvrant au bord d'une piste à Lurbe-Saint-Christau !!!???

A tout hasard, nous (PH, José et Yves) nous levons tôt afin d'être sur zone aux aurores. Le temps d'équiper le puits d'entrée, nous voyons en effet arriver trois éssèssepépéistes à qui nous expliquons que nous avons descendu le puits il y a 15 jours, désobstrué le palier de -5m dimanche dernier et qu'aujourd'hui nous allons aller plus bas après avoir poliment demandé au bloc de 500 kg calé à -5m de bien vouloir dégager le passage.

Nos trois amis de la SSPPO, qui n'avaient de toutes façons pas l'intention de faire de la désob, nous quittent pour aller prospecter plus haut.



PH, expert en diplomatie, et chez qui la politesse est une seconde nature, est donc envoyé en émissaire auprès dudit bloc. Après les salamalecs d'usage, PH empoigne son ciseau de maçon, dégaine la "Mère Tape-dur" (massette de 4 kg) et entame une séance de négociation d'une heure et demie à l'issue de laquelle le bloc se rend aux arguments de PH et choit au fond du gouffre.

P1260007.AVI

La voie est libre pour la première première du GSG pour cette année 2014. Assez brève, il faut bien le dire. Le puits fait 10 m et se prolonge par un méandre de 20 cm de large (nous aurions préféré un puits de 20 cm et un méandre de 10 m de large, mais on ne choisit pas toujours). Le méandre est impénétrable en l'état mais offre une vue sur 4 à 5 mètres de longueur et 2 m de profondeur. Pas de courant d'air évident mais cela ne semble pas rédhibitoire compte tenu de la situation du gouffre et des conditions de température actuelles. Un plan d'action est aussitôt élaboré pour la désob de ce méandre. Avis aux amateurs.

Mirko_26-01-2014_-_01.jpg

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A la remontée, nous faisons la topo qui révèle que le gouffre mesure 17 m de profondeur (P15 avec fractio à - 5) et que le méandre s'enfonce vers l'intérieur du massif, perpendiculairement à la piste, vers le sud-est.

En prévision de séances futures, nous entreprenons également de dégager l'entrée d'un autre bloc plus ou moins instable et dont l'embonpoint proéminent gêne le passage (tout au moins celui de PH et le mien, José n'ayant, quant-à-elle, rien remarqué !). Mais là, toute la diplomatie de PH ayant été épuisée lors des épisodes précédents, l'artillerie lourde est mise en action. Résultat: quelques centaines de kg de cailloux supplémentaires à dégager au fond du puits lors de la prochaine séance !

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Le reste de la journée est consacré à la pose de la fermeture à Maddalen (voir billet par ailleurs)

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Trou au bord de la piste à Lurbe

Message envoyé aux membres du GSG le 19 janvier 2014 au soir:

Nous avons progressé de 50 cm dans le trou de la piste (ou Trou du Chien ou Trou Mirko; le nom définitif sera attribué plus tard, après réunion du jury)

Les 15 premiers cm étaient constitués de feuilles plus ou moins décomposées et de quelques rameaux de buis assez frais. Les 5 suivants étaient encombrés de sacs d'engrais vides entremêlés avec des branchages plus ou moins pourris. Ensuite, et sur 20 cm au moins, nous rencontrâmes un amoncellement de déchets de taille de haie de sapinette, mélangé à un compost riche en vers de terre. La dernière couche en décomposition avancée nous livra le squelette entier d'un chien de belle taille, que Michel adopta aussitôt, incapable de résister à sa dentition encore très saine et à ses orbites au regard caressant.

Le résultat du déblaiement est un assez beau bloc coincé au milieu du puits, cachant très mal une large suite suite sous-jacente. Je vous propose de venir chatouiller ledit bloc dès que possible (et pourquoi pas dimanche prochain ?)

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Desob_19-01-2014-02.jpg

Fermeture Maddalen

Il avait été promis à Monsieur Aguer, propriétaire de la grotte Maddalen (ou Mayalen), de poser une fermeture à l'entrée, afin qu'il puisse être informé de toutes les allées et venues sur sa propriété. C'est chose faite depuis le 26 janvier 2014. La clé du cadenas doit être prise, et rapportée, à l'auberge de Camou. D'un point de vue technique, nous sommes restés sur l'idée initiale consistant à placer une simple barre métallique en travers de l'orifice, avec un système de fixation ne gênant pas la progression et le passage de blocs de plongée. Une chute de garde-corps en aluminium retrouvée au fond de mon garage et deux anneaux d'amarrage fournis par Michel ont fait l'affaire. A l'issue d'une première séance, le 19 janvier, lors de laquelle nous avons déployé tout notre savoir-faire de mécaniciens-ajusteurs, la barre était en place.

Fermeture_Maddalen_03.jpg

Toute personne d'une corpulence égale ou inférieure à celle de Michel (ce qui fait pas mal de monde) n'étant pas arrêté par la barre, il était nécessaire de compléter le dispositif, ce qui fut fait la semaine suivante. Voici le résultat final:

Fermeture_Maddalen_05.jpg

dimanche,19 janvier 2014

Boîte à outils, pompompom, boîte à outils…

19/01/2014 un poème de Michel Lauga

J’étais une boîte à outils

Qui dans un coffre passait sa vie

Et j’attendais qu’un cliquetis,

Ou bien quelqu’autre impéritie

Me sorte de ma léthargie

Voilà qu’un beau jour de janvier,

L’auto garée sur un sentier

Une José, plus ou moins fine,

Serre ses doigts sur ma poignée

Et me renverse, la chafouine,

Sur un sol gras, sale, souillé.

Je croyais que José, fine,

En pinçait pour mes trésors.

Comme on verra j’avais bien tort

Car pour parfaire son forfait

Dans ses deux mains assassines

Ell’ me retourne. Me voilà nue,

Vide de tout mon contenu…

Pinces, ciseaux, clefs ou mandrins,

Marteaux, tenailles et burins,

Tout se répand en grand fouillis.

Et croyez-moi, elle en a ri…

On veut, c’est sûr, la parité

Mais on s’aperçoit à l’usage

Qu’il en faut un savant dosage

Femme, n’est pas dextérité.

vendredi, 3 janvier 2014

Lurbes en décembre par Michel Lauga

27     décembre 2013…

        Bien évidemment ça commence le 26, sinon c’est pas jeu…

        - Michel ? c’est Gérard !!!

        Alors là, ça sent le coup fourré et pas au praliné s’il vous plaît. Le CG qui téléphone un lendemain de Noël, on peut se douter que c’est pour autre chose que pour souhaiter les vœux.

        - Dis-moi… (alors que je n’ai rien à dire Moâ) des chasseurs ont téléphoné au GRIMP qui a téléphoné à Jérôme qui a téléphoné à Paul m’a téléhoné et…. Je te téléphone car….

        STOP. Je devine la suite…

        - C’est où ?

        - A Lurbes, deux chiens coincés dans une cavité.

        On abrège. RDV demain 9 h devant l’église.

        Demain donc 9 h. Des membres du GRIMP sont là, Paul arrive avec des arguments qui pourront se faire entendre, on récupère Gérard, les chasseurs nous accompagnent. Et, Ô… Surprise une barre calcaire splendide. Le trou est effectivement TRES petit.

        Petits coups d’œil et on décide de mettre en œuvre le gros perfo burineur. On nous a préparé un groupe électrogène. Et on se relaie. Vraiment ça n’est pas grand du tout. Pointerolle, burineur, massette, barre à mine, barre à mine, massette, burineur, pointerolle, tout y passe, mais ça n’avance pas vite. Pendant que l’un d’entre nous travaille, dehors on refait le monde des secours, un certain ami commun dont nous fîmes connaissance lors de l’opération du Romy sort de cet exercice équipé pour la prochaine glaciation.

         Et puis on visite les alentours. Et là…. Des porches, un rocher magnifique. Promesses, promesses, mais il faudra jouer du bidouilh et de la machette. Assurément ça vaut le coup.

         Bon on revient aux bestiaux… Ce sont deux fauves de Bretagne qui comme leur nom ne l’indique pas sont de petits chiens magnifiques. On entend leurs clochettes. Quand je me suis inséré dans le trou au début, je voyais des éclairs au fond. J’ai cru que les vapeurs du 24 au soir me jouaient des tours. Non, tout simplement la propriétaire avait déclenché les balises de repérages des chiennes. Mais, quand même, j’assure que ça fait un drôle d’effet lorsqu’on ne connaît pas.

         Bref… Nos amis pompiers se retirent assez rapidement. Dommage pour eux, car vers 12 h, alors que Paul officie avec une barre à mine redoutable (qu’il se permet de me planter dans le visage le c… her ami), on demande le silence. Et le silence se fait. La propriétaire essaie d’appeler Gamine et Indi (vous devinez de qui il s’agit). Puis c’est Paul qui de sa voix sirupeuse invite les canidés à nous rejoindre. Et hop ! Je vois Paul accoucher d’une boule de poils qui sort entre ses jambes. C’est Gamine qui ressort. Joie, effusion maîtresse-chienne. L’autre se fait désirer quelques minutes. Toujours ce silence précédent les instant historiques. Et PLOPPP !!! Le Paul met bas d’une seconde boule de poils. C’est Indi qui renaît. Délire, hurlements…

         - Féliciations ! Bravo ! Vous avez fait un travail extraordinaire ! On ne sait comment vous remercier. Vraiment c’est…  c’est….

         Etc… etc…

         - Bon maintenant, vous venez casser la croûte on a acheté ce qu’il faut.

         Effectivement, bière, vins (blancs, rouges), rillette, jambon, pâté, saucisson, café. Là aussi, etc… etc…

         La maîtresse nous demande si on a un stylo. Dans la poche de sa veste elle a planqué son chéquier.

         Un stylo ? Pourquoi faire un stylo ?

         Avec Paul, il faudra presque (presque seulement), qu’on la violente pour lui faire admettre qu’il n’est pas question de faire un chèque.

         Et puis, grands seigneurs, on salue nos hôtes qui n’ont pas terminé leurs provisions, mais on met en avant le fait que « vous savez…la famille, c’est Noël, alors… »

         - Oui, bien sûr on comprend ; ce que vous avez fait est super, vraiment super, vraiment, c’est, etc… etc…

         Sans l’avouer, c’est pour des raisons de sécurité que l’on abandonne la place, car on pourrait y être encore. Vous me direz, question conservation, on met bien des cerises, ou des prunes dans l’alcool, alors pourquoi pas des spéléo.

         Et voilà… un vendredi à la campagne.

jeudi, 2 janvier 2014

le Mirandol

Par Michel Lauga d'Issor

A l’occasion de la réunion de la Commission jeunes de la FFS, le GSG, un club en pointe comme on le sait s’est déplacé, presque en AG, à MEZELS dans le Lot. Toutes les tranches d’âge ou peu s’en faut étaient représentées : Emilie, Mathieu, José, Yves et Michel (par ordre croissant).

Aucun club de la FFS n’était représenté avec un aussi fort pourcentage.

<>Déjà, la semaine précédente, le même club avec presque les mêmes personnes (moins Emilie mais plus PH – et ça n’est pas rien), avait sévi dans les Moustayous, occasion qui ne fut pas manquer d’attraper une crève comme on en récupère une seule par an pour certains, de se molester la cage thoracique pour d’autres…

Donc dans le Lot, première cavité, le Mirandol, qui s’ouvre en bordure d’une voie ferrée en service l’été pour un train touristique.

Le GSG est là, rien de simple donc…

Mirandol, nous voilà !!!

La grille était fermée

Près de la voie ferrée.

La serrure gelée

N’acceptait pas la clef.

Il eut fallu chauffer.

Avec quoi ? Un briquet ?

En d’autres temps, amis,

La lampe acétylène

Aurait, c’est sûr, permis

De s’affranchir sans peine

De ce désagrément.

Nous voilà, bras balants,

Inquiets de voir la clef,

Se tordre, se vriller

Après plusieurs essais.

Et cela sans succès.

On n’aboutit à rien,

Tout effort semble vain.

Alors, tel un géant

Accouché du Néant,

Mathieu se lève et puis…

Calmement fait pipi

Sur le froid cadenas

Qui ne résiste pas.

La clef est introduite.

Chacun attend la suite…

La gâche s’est rendue !!!

Sur Mathieu on se rue

Pour le féliciter,

L’embrasser, le toucher,

(Mais sans exagérer).

On fait bien attention

De ne pas refermer,

Car si l’on peut pisser

Du haut jusques en bas

A moins de contorsions,

L’inverse… on ne peut pas.

samedi,21 décembre 2013

Plongée à Maddalen

Si j'ai bien tout suivi quand même, la mise à l'eau des 3 plongeurs devait se faire le samedi mais à cause de la turbidité de l'eau due à des pluies des jours précédents, ils ont préféré remettre ça au dimanche afin de voir si avec un peu de repos la visibilité serait meilleur. Verdict du dimanche: Pareil.
Le breton suivi de Fred et de son comparse se sont empègués pour les eaux chaudes que l'on connaît tous désormais armés de leurs recycleurs et d'une combi étanche pour notre breton. Il semblerait que cette fois ci le thermoclin était 10 m plus bas que précédemment ce qui le situait à 20m. Le Breizhou est allé jusqu'à -45m et n'a pu passer l'étroiture apparemment à cause de l'encombrement du matos. Fred pense qu'avec une combi humide et du matos plus classique ça peut passer mais ça implique un temps plus important sous l'eau eu égard aux paliers...
Sortie de l'eau vers les 16h et après une organisation orchestrée parfaitement avec les plongeurs au fond du puits, François à la déviation dans le puits, Mathieu au palan en tête de puits, Brigitte à la navette entre le puits et le méandre intestinal (ah encore celui-là), moi à faire quelques allers retours avec la surface en appréciant la rescousse d'Henri Laborde qui s'est mis au coude et a tiré la corde et fait la jonction avec la sortie. Et en hélant  Marie et Claire pour récupérer les précieux kits à
l'extérieur. Merci à Xavier pour m'avoir passé les petits poids entre le bas et ma position dans le méandre.
Pendant le temps de la plongée,  Yvon Hénaff avec l'aide de sa chère et tendre ont désobé dans le fond en bas dans la rivière et après avoir enlevé un gros bloc qui bloquait (normal) il semblerait que ça passe! A quand , peut-être un jour on l'espère la possibilité de passer par le bas. (On dirait Cousteau qui parle dis donc) Avec tout ça à 18h00 on était tous devant une bonne Akerbeltz chez Battite.
C'était bien bon de remettre le nez sous terre et de partager ça avec vous.  Aller à très vite les spéléos pour une  Ag comme il se doit.
Ps pour José, je suis toujours preneur pour la guitare. Merci encore.
La bise à vous et out de bon pour 2014.
Tpst pour moi entrée à 14h00 sortie 18h00 donc 18-14=4   .... tarintintin tinrrin  tin le compte est bon.
Grégoire

mercredi,18 septembre 2013

Lépineux, à deux

15 août 
Ne pas chercher à comprendre d’où me vient ma lenteur. Continuer. Clic clic. Enlever la p'tite longe en se hissant sur la pédale (bien joué ce conseil). Des jambes flagada, le cerveau tagada. Pas assez, heureusement, pour ne pas savourer la beauté des grandes descentes. Devoir bourriner quand même, sur les cordes qui glissent pas (comment ça je râle ?), et puis, de temps à autre, le miracle d’être à l’aise, de se sentir gérer. Cela dit, je ne décroche pas un mot. Concentrée. Trop peut-être, et merde, si Mathieu se fait chier, s’il me traîne … chuuuuut. regarde, hisse toi, recommence, tu es à ta place. 
Mathieu me dit que j’ai l’air sans force, on s’arrête à un frac pour que je mange du pain et des mms. Allez hop, on se réveille. J’essaie de choper le fil d’une musique rythmée, mais il n’y a que « hearts a mess » qui me vient, qui résonne, qui ne se laisse pas détrôner. Pour dire la teinte de mon humeur. Je la laisse envahir mon silence. Dernière descente plein pot. Je préfère. Rien à faire de mes jambes et glisser sur la corde, lumière fluette sur paroi énorme. Et puis elle arrive, l’immense, l’obscure et émouvante salle Lépineux. 
Elle avale le son, sa grandeur me plonge et m’immerge dans des profondeurs inconnues. Elle sent le silence et la commémoration. Là, la civière de Loubens, ici, l’épitaphe. On fait une pause. Mr Time me balance le chiffre de ma prouesse.2H30 dans les puits. Je n’ai pas vraiment les boules, je tiens le coup pour ne pas devenir boulet inside. Ne pas me laisser envahir par des pensées moches, je ne suis pas venue ici en contre la montre, fuck le temps et viva la progression ! Mon corps est là. Entre les blocs, les mouvements du corps, l’esprit retrouve le chemin, l’empreinte dans mes muscles, mes mouvements. Se sentir entièrement physique, se hisser dans la grandeur souterraine, lumière sur mon cœur, qui bat l’effort et non plus les peines. Ca y est, ça se réveille au fond, je m’amuse. Le bruit de l’eau, murmure armure qui sculpte mon décor rêvé. Classe. Mental fait la pause, les jambes, les membres, capitaines du vaisseau. Alors on trace. Je retrouve courage et force, et fierté aussi yeah ! Je réalise. Que c’est bon !
 Je suis toujours pas trop loin de Mathieu, à deux pas, presque. J’imagine avec les kits chargés, et puis non, j’imagine plus, et je profite, je profite ! Je sens que ça raidit sur les cuisses, ça va, on est à Chevalier, la Verna n’est plus loin, illuminée, un groupe est là. On y reste un moment, contemplatifs. Aranzadi au loin, il y a un an déjà. 
Et me voilà à nouveau ici, endroit unique, et je viens de descendre par le Lépineux bordel que je suis contente ! Tunnel. Sortie, putain quelle traversée ! Mr Time me dit qu’on a mis 1h30 depuis les puits, ça c’est bien, apparemment. De quoi m’enlever le léger gout amer de mon style escargot mou sur les cordes. Dans le jour, soleil, encore descendre, il fait une chaleur ! Mathieu enlève le haut de sa sous combi, comme lui, je me mets torse nue, ben ouais. Arf. 
Après je me couche dans la menthe au pied ombragé de l’église, j’écris le compte rendu en attendant Mathieu parti récupérer la voiture en stop. Allez ! Le sombre de l'humeur qui m'accaparait depuis quelque jours s'est volatilisé dans l'effort et la majesté de cette sortie. Je croise Cédric, pas vu depuis le stage, plaisir ! J'y crois pas, à tout ça. Je me revois pleurer devant le livre de Labeyrie, trouver le compte rendu de Tazief excellent, regarder les images d'archives et écouter les copains qui ont déjà traversé. Je suis au resto, appétit d'ogre et esprit joyeux de ne pas s'en remettre. J’atterrirais plus tard, pour l'instant, je profite de l'envol.

samedi,22 juin 2013

Camp Canyon en Sierra de Guara

  CAMP CANYON MAI 2013

Par ordre alphabétique : Paul, Carine, Régis, Gwen, Mathilde, Mathieu et me

Dans la voiture du cds, le gros son de NTM me booste les oreilles, laisse moi zoom zoomzer, dans la berl berl berl …http://www.youtube.com/watch?v=CD2sCRDN23E On check Mathilde, Gwen et Paul à Oloron. On met le matos dans deux voitures, qui ira avec qui ? On tire à la courte marguerite pour se dispatcher dans les caisses. Mathilde viendra dans le berlingot avec Mathieu et me. Elle est un peu bavarde, mais ca va ( hihi) , on fait connaissance tranquille, en dessinant les esquisses de nos personnalités et de notre humour. Je me cale à l’arrière et je m’avance dans mon livre, j’écris quelques phrases sur l’engagement, mon leitmotiv du moment, engagement, engagement ent, voiture, voiture et inversement, waynes’world du moment. Je réalise seulement en tapant ce compte rendu que le premier mot écrit est une des clés de toute descente en canyon ! C’est beau l’instinct lexical ! On traverse les paysages verts et humides pour rencontrer les premiers champs de coquelicots, végétation d’oliviers et d’amandiers, quelques villages aux briques brunes au fond des vallées, on est en Espagne, c’est parti ! On rejoint Carine et Régis sur le parking à l’entrée du Canyon Formiga Formiga.http://www.descente-canyon.com/canyoning/canyon/2798. Les plaques d’immatriculations sont françaises, on m’avait prévenu ! Il y a du monde, mais ça va, ils ont l’air de s’y être pris avant nous. On prend le temps de faire un petit piknik ( chips, pain, rillette de thon, paté, notre menu de la semaine … ), on prépare le matos et hop, petite marche d’approche bien agréable : romarin, thym, les fleurs jouent à celle qui aura mis le plus beau violet, mauve, blanc, pour rivaliser avec l’eau limpide du canyon en bas ? C’est splendide ! J’entends Mathilde dire qu’elle n’avait jamais randonné en culotte. Je me rends compte aussi de ma petite tenue, je fais abstraction et je me concentre sur mes nouvelles shoes, des 5/10, putain c’était vrai, elles adhèrent quand même super bien à la roche, on verra une fois dans l’eau mais rien que là, c’est prometteur. On se change sous une grande voûte chèvre qui sent la jolie, et inversement. On est objectivement super classe tous en combi, bon, sauf Gwen qui ne peut pas tellement plier ses bras et qui ressemble à un oiseau qui ne pourrait pas battre des ailes… La montée en combi, ça fait suer … je sens l’eau de mon corps couler sur mes cuisses. On arrive au câble pour se tenir, plaisir de se concentrer, d’être dans le côté technique de la force, d’utiliser les longes, de faire cliquetiquer les mousquetons, doux chant métallique. Première descente au huit dans la caillasse, ok pour les gestes essentiels, mais où est l’eau ? Allez, on y va. Petite progression sur les cailloux et un premier toboggan = tout mon corps dans l’eau (très fraiche) = arrêt momentané du cerveau, de la respiration = bonheur, bizarrement. Après ça défile, gorges, roches, végétation, l’eau, les casques, le groupe, l’eau et mes 5/10 qui facilitent ma progression. Paysage unique pour moi, certains évoquent l’Ardèche que je ne connais pas. 


C’est le deuxième canyon de ma vie et je sens comme la pratique de la spéléo a façonné mes muscles, et un poil plus d’assurance. Globalement c’est le pied de mouver son corps sur les parois, de descendre sur la corde, de placer ses jambes, d’observer, de comprendre l’issue d’un passage, flipper un peu en voyant Gwen se taper le cul contre la roche et Mathilde qui enchaine en se retournant dans le flux d’une cascade… Savourer en restant prudente, concentrée, relâcher dans les endroits safe. On rattrape d’autres groupes, il faut attendre, je sens le froid me saisir mais j’essaie de rester en mouvement. Carine nous donne des conseils, à Mathilde et moi. Et puis c’est la fin. Marche de retour dans une bonne ambiance générale, tout le monde a le sourire, ça fait plaisir ! Je m’approche de Régis pour le complimenter sur sa force et sa souplesse de Ninja, histoire de faire connaissance. On enchaîne vite sur la spéléo, ça fait du bien !

Je lance pas mal de super bonnes blagues (à la con) que j’ai oublié, mais bon. On reprend la route dans des paysages splendides avec la musique du film Vengo à fond qui va bien !http://www.youtube.com/watch?v=aleRzKF6v3Y On arrive au camping, il y a des tentes, des cordes, des combis accrochées aux cordes, des chaussettes en néoprènes, un peu partout, ça sent la tente et le réchaud, les douches communes et l’apéro !!!! Le truc drôle du soir = on a les mêmes tentes, les mêmes matelas et le même amour pour la bière. Bonne ambiance, ça vanne sec, sur les origines, les clubs ( gsg power !), on entrevoit les premières pièces à la con d’une collection de blagues pourries… vivement demain !



Jeudi. Mascun.

http://www.descente-canyon.com/canyoning/canyon/2800

J’écris le compte rendu le soir de cette grande journée. On boit du rouge au cubi entre les lavabos du camping, faute d’abri. Il y a le bruit de la convivialité, l’odeur de barbecue, de l’hilarité, il pleut. Par où commencer ?

La marche d’approche de près de 3 heures est grandiose. Je me shoote au romarin, j’envoie des doses d’amour à mes enfants, je laisse l’humeur des falaises me gagner pour n’être plus qu’un corps, qui marche, qui monte dans la pierre. L’ambiance change au village abandonné, le terrain plus plat nous redonne le gout de la discussion, des épineux jouent à former un tapis de boules vertes à l’aspect tendre et laineux, un piège ! Rien que pour cette marche, ma journée est comblée. Et puis c’est le départ du canyon ! Truc de taré, il faut sauter d’abord, 5 m environ dans une belle marmite d’eau (froide). Mathieu et Paul ont mis une corde qui semble pile au milieu et qui me fait grandement hésiter sur la direction de mon saut. Et puis je comprends, allez hop , hiha, excellent ! Il parait que Mathilde a pas mal hésité, pourtant, elle arrive assez rapidement près de moi pour descendre à côté de la cascade de 20 mètres, impressionnant et génial ! J’ai l’euphorie d’un pirate quand je vois la gueule du Mascun sup, qui envoie sa flotte dans un creux et qui donne carrément un ton énergétique dès le départ ! Et puis c’est une succession de beauté, rivière calme, turquoise, suivie de descente en rappel, de petits biefs, de progression dans l’eau limpide. Le passage dans la grotte est à couper le souffle, c’est filmographique au possible.

Avoir froid aussi. Un groupe devant, moins rapide que nous. Temps d’attente à l’ombre, dans la flotte = glagla. Je chante, je danse, je frappe dans mes mains la musique écoutée ce matin «  yékéké » un bon rythme africain de Mory Kanté qui fait chaud au cœur et au corps. http://www.youtube.com/watch?v=cIUD1Z3pU1g L’énergie revient, on commence à faire des plans de truands pour dépasser l’équipe de devant. Le mouvement, le rythme de la chanson m’ont complètement réveillé, je ressens la joie, la chaleur, l’unité. « yékéké ». On les dépasse, youhou ! Du coup, on s’arrête manger (rillette de thon, paté). On rit et on adopte à l’unanimité un cri de ralliement : Ré- giiiiiiis ! Singé de Carine (presque inimitable) quand elle veut son bonobo supérieur près d’elle. Bonobo, bonobo, ok, mais il reste quand même un super ninja des canyons ! Pendant la pause, on se fait redoubler par le groupe d’avant. Merde ! Ils n’ont même pas l’air heureux les gars, il y en a même derrière qui ont l’air de sacrément galérer pour suivre les autres. Leur guide, que l’on baptisera Carlos, n’a pas l’air très marrant faut dire… Bon, ça nous motive pour reprendre la suite du canyon, objectif premier, les doubler bordel ! Je veux plus avoir froid en attendant qu’ils descendent sur les cordes ! Le plan est diabolique et sans appel. Mathieu et moi par la droite, en freestyle dans les arbres, les roches, orchestré par la maitrise et l’expérience de Mathieu, je suis pas trop mal, motivée par notre objectif. L’équipe, dans l’eau, se donne à fond. Et bam, Mathilde donne le coup final en sautant sur la tête de Carlos. Après c’est une suite de grandiosités (oui) , toboggan, bief, à flotter peinard dans l’eau verte. Et puis progression. Je suis ébahie par mes cuisses qui ne sont plus tendues, je retrouve souplesse et légèreté, je m’éclate !

Et j’ai faim. Encore. On bouffe toutes les deux heures c’est à vivre ! Des pâtes pour le gouter ? Vas y envoie ! On sort du canyon, j’essaie d’imprimer les détails de ce paysage, sans doute en vain. On croise beaucoup de monde, des randonneurs, des grimpeurs, il fait bon et tout le monde en profite. J’ai la patate jusqu’au village ... et puis voiture (« yékéké » à fond !!!), apéro… on est bien !

Vendredia de la manana de la dia del tona

http://www.descente-canyon.com/canyoning/canyon/2820

Bref, je m’espagnolise comme je peux, alsacienne que je suis, et aujourd’hui, ce sera la grotte de la chèvre = cueva cabrito.

Après le festoyement d’hier (et la grosse pluie), ce fut un peu de la balle de trainer au camp ce matin. Ciel dégagé, vent frais. On prend le temps de se réveiller et d’étirer les courbatures, et accessoirement son cerveau. Comme de toute évidence, nous partons vers 11 heures.

Musique du film Django pour l’ambiance tarantinesque à souhait. http://www.youtube.com/watch?v=yQCMpXRVs_k&list=PLXP0JWTnK16G_3rSCEoT8685Sv9LAZPVv Des paysages Morriconiesque (comment ça j’en fais trop ?) qui percutent, enfin, tout ça allait très bien ensemble. Et puis j’avais pas trop mal au crâne, comme quoi je peux picoler plus…


Parking. Marchettia d’approchetta d’environa 15 minuta. Si. Piknik dans le congloméra (le conglo, pour les initiés…). Gros soleil. L’ambiance est complètement différente de celle d’hier à l’entrée du Mascun, si ce n’est le même pâté, la même terrine de thon, et le même enjeu : un groupe devant nous semble faire du slow motion dans les premiers ressauts.

On y va comme ça doit se faire et on les dépasse easy au 3ème ressaut. C’est quand même l’équipe de la classe. Après, ça enchaine dans le méandre, entre passage en oppo(…sition pour les néophytes). Le pied d’utiliser les cuisses, de jouer des coudes, et vu le conglo, ça regorge de prise pour avancer. Des rappels, de quoi utiliser le 8. Sauf que… Gwen-le-belge n’en avait pas… Si quelqu’un a trouvé un ouït là-bas, c’est le sien… C’est la bonne ambiance quand même. Le visage lumineux de Carine ( je suis hyper en attente de son cri mais je fais comme si de rien était), la constance heureuse de Paul, le pétillement de Mathilde, l’accent de Gwen, le sex appeal de Mathieu et … le … la… de … mais où est Régis ? Réééééé-giiiiiiiiiiiiiiiis ! Ah le voilà, je disais donc, le ninja style de Wédgis oh yeah ! Bref, tout ce beau monde, ça donne quoi ensemble ? Et bien ça donne le relai de la vanne la plus pourrite (on va dire que c’est le truc le plus constant du séjour..) Alors si vous avez des lacunes en blagalacon, contactez les…

J’en reviens au canyon. Pour le coup, c’est très spéléo, donc je kiffe. CQFD.

La végétation est rare mais les fleurs violettes qui s’échouent sur les parois sont les cairns poétiques d’une descente inoubliable © milette (je vends cette phrase pour un topoguide, Dieu CDS, si tu me regardes …enfin non, je la vends pas, l’échange contre un ouït, j’ai toujours eu envie de faire plaisir à un belge), bon, bref, avançons un peu. L’équipement est nickel, forcément, Carine et Gwen ont eu une leçon particulière ce matin pendant que je buvais mon troisième litre de café …On termine. On remonte au parking en prenant un raccourci avec Mathieu. Ca tombe bien j’avais trop envie de me faire fouetter les mollets par le thym, le romarin et les épineux ! Ouais, trop. Je me réincarnerais en chèvre, ça m’ira très bien. Bon, j’ai les jambes en sang, mais on n’est même pas mort. On doit attendre les autres du coup, mais bon. On se retrouve et … on se vanne !!! On récite les plus beaux sketchs des inconnus ( toi, tu t’appelles Nathalie ? ) , on s’étire avec Mathilde. Dis comme ça, ç’est pas drôle, mais en fait, si. Rage against the machine http://www.youtube.com/watch?v=Lp3kcHchD1Y in the car, ça défrise les virages espagnols.

On rentre tôt. Mathieu propose une via ferrata, je dis ok, les autres non, GSG power. Bon. On boira des bières finalement, et du rosé, au soleil du camp. Apéro. Paul nous fait une démo inventive et burlesque de sa culture générale ( qui est comprise entre les personnages des séries tv des années 60 et 70, pour dire … ). Le beaunobo supérieur change de place notre table tandis que sa bellenoba s’épile, une affaire au poil … Voilà ce que c’est quand c’est bon. Je saisis des flashs, des bouts d’eux, des blagues (pas trop), des odeurs (il n’y aura pas de moustique ce soir tellement on sent bon). Après l’apéro, on prend l’apéro.

Samedi. Et c’est le but !

Oscuros del balces.

http://www.descente-canyon.com/canyoning/canyon/2790

Me réveille assez en forme malgré l’alcool, ouais ouais.

Préparation del taboulé, un café, deux, ça me réveille, et puis trois, pour le maintient. Soleil qui tapote un peu. Plaisir de tout en fait. (j’écris ce compte rendu le soir, je lutte contre le sommeil, tout le monde dort, putain).

Mathilde ne veut pas venir avec nous, veut sa journée off. Quand certain indulgents la comprennent ( féé Carine), d’autres essaient de la motiver, en vain…

Musique du jour : http://www.youtube.com/watch?v=js2_hBDi2LI

Marche d’approche dans la pierre. Ca va super bien, très en forme, paysage qui tue sa pute. Et puis commence la descente dans la pierrerie, assez sec. Me concentrer. Pas évident. Plus à l’aise dans la montée moi. Je grille des cartouches de stress, pas tout, mais quand même. On s’arrête pour … manger. On s’équipe, j’ai mal au ventre. On arrive dans le chaos. Gros blocs énormes, et du jus, beau, impressionnant. Il faut passer la première cascade. Mathieu devant, après moi, je me longe. Je vois la cascade, ok, la paroi, ok, et après, au fond, un bassin, des remouds, plutôt coriace, et l’escape me tente pas, ça brasse à fond. J’arrive à dire «  et une fois en bas, je fais quoi ? » Tu te mets à l’abri. Inside « et si y’a pas d’abri ? ». Vu ma tête, Paul et Mathieu décident que Paul passera d’abord. Il fait quelques mètres, regard vers le bas, ça passe pas. Il remonte. Les gars cherchent une autre entrée, ça marche pas non plus, ils se concertent. Moi, je le sens plus du tout. Déjà que j’hésite, les voir hésiter eux, me fout la pression. Quand Paul dit qu’on remonte, je suis soulagée. Y’a un autre groupe, le guide connait, dit que ça passe à gauche, nous propose pas de nous montrer. M’en fous, dans ma tête, dans mon corps, c’est décidé, j’y vais pas. Je le dis. On remonte, donc. 1 avertissement, 2 avertissements, pas trois, ok Paul, moi je dis ok ! Montée dans la pierre, sous le soleil. Sacrément montante la montée mais mes cuisses me soutiennent, et je trouve les descentes plus dures. On croise des groupes, on les démoralise, c’est comme ça. Certains feront demi tour aussi.

Au camping. On part avec Mathieu, Mathilde et Gwen remonter le barrasil, http://www.descente-canyon.com/photos/Espagne/Aragon/Huesca/BalcezOscurosdel.790/.36812.4836_m.jpg c’est splendide !!! Des biefs, eau turquoise, saut, petit rapide, thalasso ! Carine et Régis font la via ferrata et Paul sculptera des totems en bois.

Soirée au resto, 14 euros pour voir des brochettes de saucisses… Concours de vannes pourries, trop bien, merci !

Dimanche, petite balade, dernière boîte de pâté, derniers mots d'amour (ouais) et tout le monde se quitte, le corps canyonisé, l'esprit revigoré et le coeur à flot ( oh c'est beau), tout ça pour dire que c'était bon !

Pour les scientifiques qui aiment aller plus loin, un petit documentaire animalier : http://www.youtube.com/watch?v=itA-dCVv5vQ

mardi,26 mars 2013

On se la mesure à Bexanka !

Dimanche 10 mars. Bexanka - Mathieu. José. Coraline. Hugo. Marion et me

Levés très tôt = plein de temps au local, cool. ON prépare le matos nécessaire pour l’équipement en vue du rassemblement ce weekend. Stan et Clémence sont déjà passés hier soir pour équiper un autre trou. Bref. Toujours cool de tâter le mousqueton. Le truc du jour en plus : je marque une corde avec un réchaud et une gaine thermoretractable. La team arrive. On jette tout dans le coffre et hop, direction Tardets, en passant par Mauléon svouplé, parce que ça change. Arrêt chocolatine. Je suis à l’arrière ( des berlines, des taxis, pas de préférence), Mathieu devant avec Clarencine, je tape mon rapport de stage, trop studieuse, je prend plaisir à revivre tous ces moments, en même temps, je révise, what’else ? Ah ben oui, il fait beau, évidemment, comme si je n’étais pas assez contente… Arrivés. Marche d’approche courte mais un peu raide, mes cuisses n’ont pas récupérées, mais je m’en fous, je trace. Entrée du trou. On se rend compte que Mathieu n’a pas de descendeur, vu que c’est un peu moi qui ai lavé son baudrier (plus jamais, promesse inside) et mis le matos dehors, me sens un poil coupable, en même temps, je vérifie toujours mon matos trois fois avant de partir moi, bref, il faut que je pense à vérifier celui des autres à l’avenir. Il y arrivera sans. OK. Je le crois. C’est moi qui équipe l’entrée, oh yeah ! J’adore, et les techniques apprises et pratiquées au stage récent, c’est juste top. Tout le monde descend sauf Mathieu et moi. Caroline accroche son descendeur pour Mathieu qui le remonte à la corde. On va faire un frac pour faciliter la montée. Bon, je perds un peu les pédales, je ne sais plus faire un nœud, je ne sais plus faire de phrase, un petit bug de cerveau, certifié par Mathieu, qui, patient comme il est, m’aide et je finis par équiper. Progression et descente près des échelles. Bon, je ne sais pas si je les aime ou pas, ces barreaux de fer. Je tente plusieurs styles, descendre à côté de l’échelle, un pied sur la paroi l’autre sur les barreaux, et carrément complètement sur l’échelle. Bon. Il faut aussi appréhender le groupe, ce qu’il se dit, qui parle en premier, c’est quand qu’on déconne ? Après les superbes salle de la cascade et de la grande arche , et après le puits de Joly, il faut grimper un peu grave sa race. Ca tire sur les cuisses bétons et les bras aciers (où est passé ma souplesse ?) , je suis mécanique woman et je compte pas rouiller de suite alors hop hop, je me traine et je reste méthodique, un peu fière aussi, et pour le gout de fer, c’est mes mains qui saignent parce que j’ai oublié mes gants ouais ouais. Ca vaut évidemment le coup de faire des efforts, Bexanka, c’est une succession de salles gigantesques et splendides.

bexanka.jpg La Salle de la Cathédrale - Photo Fred Verlaguet

Heure de manger. Je tente deux, trois vannes bien lourde pour faire connaissance en légèreté avec cette nouvelle équipe (même si j’ai déjà tâté José une fois, à Bexanka aussi, plaisir !). Quand enfin, on en vient à parler de zigounenette, et même que Corlainine en a une, alors là je suis bluffée, vas-y, sors là, qu’on se la mesure un peu. Je ne pensais pas pouvoir écarquiller les yeux plus grandement que la fois où j’ai essayé la mienne… Coraline s’est fabriqué un zig mais si large que je m’interroge, à voix haute, sur la taille de sa chatte !!! Bon, trêve de considération féline, je m’en vais pisser debout. Mathieu et Cyprine semble s’accorder sur la salle des partouzes… que d’autres, à l’évidence plus humbles, nomment la salle du temple chinois, mais que voulez-vous, les concrétions qui se mélangent, ça donne envie de blagounettes, ce que je trouve plutôt sain. Mais si on se calme un peu, on peut aussi parler de la beauté irréelle de ce lieu, c’est juste splendide, je ne sens plus mes muscles douloureux, ni mes doutes, ni mes riens, je me sens ensemble ici, je suis un puzzle qui souffle d’avoir trouvé sa dernière pièce. On continue. Ca glisse un peu, c’est amusant, c’est quand même le trou de la classe ici. Au fond, une jetée de drap blanc, un mouvement de la terre, statique, se reflète dans l’eau des gours. Je demande un plein noir pendant un petit moment. Obscurité. Musique d’une chauve-souris. De nos respirations. Au fond, collée un peu à Mathieu, du bonheur de ne rien voir mais de tout ressentir. Il faut rentrer. On va vite, efficace. Et puis, un je-ne-sais-quoi qui fait que le groupe est détendu, le rire au bord de l’humour, et l’humeur au bord du rire… jusqu’au dernier puits PUTAIN, c’est chaud quand même, je dois faire whatmille pause pour réussir à monter. Allez, go, on rentre au local, puis chez soi, enfin chez lui, on se roule dans la raclette et on s’endort dans le jambon, et la prochaine fois, on ira où ?

(un grand merci à Coraline d’avoir supporté un débaptisage intempestif pendant toute la journée)

Le descriptif et la topographie de Bexanka sont disponibles ici : http://agiir.reseau-sport64.fr//orga_sport//uploads/public/3438BEXANKA.pdf

L'article sur la fabrication d'un ZIG, c'est ici : http://ecole-francaise-de-speleologie.com/groupe-detude-technique-get/68-zig/download - extrait de Spelunca N°86 - 2002

dimanche,24 mars 2013

St. de Spel. à St P.

In carnet…

Reggae Rock

Inside car

Dans les cordes et poussières

Je love, tu loves

Un air de Pologne

Et la bière endormie

Le soleil des grottes

Un drap doux

Mon corps nu

C’est ça le début du stage.

 

Sommes arrivés, Mathieu, Jacek (from Cracovie) et moiherself à Saint Pé de Bigorre vers 17h  en attendant le reste des stagiaires et cadre, je pionce dans la chambre, c’est les vacances après tout.

 

A mon réveil, trace d’oreiller sur la joue, un peu de bave au coin des lèvres, trop classe pour aller faire connaissance … ouais ouais. Ils sont déjà presque tous arrivés, certains accroupis au sol ; comptant le matos, d’autres à mesurer les cordes. On se dit même pas tous bonjour, je fais comme si c’était normal et je compte des trucs aussi, histoire de me sentir dans un groupe. Si les souvenirs sont bons, il y a déjà Aude, Nicolas, Norbert, Lysandre, François et maybe Monica. Jacek doit rêver de vodka dans son lit … Puis très vite, Gilen et Alexis arrivent ensemble, ils me semblent qu’on se vanne déjà … ça promet ! Stéphane et Charlotte sont les derniers ! Je suis contente de les voir (parce que eux je les connais un peu) et d’avoir les impressions de Charlotte sur sa traversée de la Pierre la veille … Je ne sais pas à quel moment Francis et Cédric sont apparus, étrange, un coup de magicien … ? Enfin voilà nous y sommes, certains se connaissent, d’autres non, on fait connaissance, ça parle spéléo of course mais pas que … on mange, relativement calme et puis on se réunit. On doit sortir quelques polonais kayakiste de la salle qui nous est réservée, oui, s’il vous plait, Jacek, notre interprète officiel s’en charge, classe !

 

In carnet :

15 personnes

1 sourcil suspicieux

1 poule

1 handicapé du prénom

1 polonais qui ne l’est pas

1 fille ouverte dès l’entrée ( mais ça manque d’originalité)

Des trains qui passent toute la nuit

Vodka

Le mec qui a déjà fait un stage l’année dernière

Des applaudissements

1 mec qui n’est rien du tout

Il y en a une bonne

J’ai fait la pucelle

Je connais tous les trous

Celle qui ne comprend pas

 

Je prends des notes … mais je suis assez détournée de mon objectif par -je ne citerais pas leur nom- Charlotte, Stéphane et Gilen. J’ai trois mille vannes à la seconde qui m’arrivent mais je ne dis rien, c’est le premier soir, et je ne me sens pas de niveau pour la ramener.

Mathieu (qui a mis une petite demi heure à effacer le tableau blanc mais personne ne commentera … dois-je m’inquiéter ?) trace un tableau du genre magnifique, avec des colonnes et traits (d’où les applaudissements).  Tableau qui servira à évaluer le niveau des stagiaires (rien pour les cadres ceci dit ... comme si notre confiance allait de soi !). Les groupes se forment.

Je suis avec Nicolas et Francois, encadrés par Alexis pour la borne 109 (ils sont tous les trois supers mignons, je reconnais bien l’altruisme de Mathieu !) mais bon, on n’est pas venu –uniquement- dans le but de se frotter les uns les autres, faut préparer le matos, regarder la topo, réfléchir à l’équipement, j’adore ! Je n’ai jamais fait ça, je dois m’adapter à des gens plus expérimentés, étant la seule débutante. Je suis super heureuse ! Je me positionne sur la topo, c’est moi qui la garderait, il faut qu’il me fasse confiance pour ça, pour le reste, je suis là pour apprendre. Mais c’est avec joie que je découvre l’esprit de mon équipe et on arrive à organiser nos kits assez efficacement. Alexis nous guide, nous explique de manière très simple la logique à suivre, veut voir nos équipements persos (parait-il qu’il ne descendrait pas avec des baudriers fait main ou des pédales à vélo .. oui j’extrapole, mais Alexis est d’un sérieux si calme qu’il me rassure d’un mot ). On se mélange encore un peu entre nous pour blabalter sur le lendemain et la gestion du matos, et puis dodo. Jacek déprimera ce soir, nous n’avons pas terminé sa bouteille de vodka, c’est quoi ces spéléos ?

 

Lundi. Gouffre de la Borne 109

Ptitdèj, recupération du piknik, voiture d’Alexis, et hop c’est parti.

On continue à faire connaissance de manière très conforme à toute présentation qui se respecte et dans toutes les conformités possible avec des questions conformément raisonnable sur le « tu viens d’où ? ». Ah, tu viens du nord, tu es montalbanais ? haha ! Ah tu veux dire le nord nord, la cote d’azur belge, frite saucisse, oh t’inquietes, ca arrive à des gens très bien. Ah, toi tu ne comprends pas le chauvinisme ? C’est que tu n’es pas alsacien. La savoie et la dordogne inside . Pas le temps d’aller plus loin dans nos hautes considérations géo-sociologique, on y est. Enfiler la combi, les bottes, chasser le chien qui sniffe, le baudrier, le casque, chasser le chien qui sniffe, refaire le compte des kits, évoquer l’équipement, chasser le putain de bordel de chien qui sniffe et marcher jusqu’à la borne, pas loin, accompagné du sien qui chniff.

Arrivés à l’entrée à 10h. Alexis nous explique plusieurs techniques et à repérer les amarrages (naturels ou pas, irréprochables ou pas). Nicolas sera le premier à équiper, il choisit un arbre. Alexis lui demande de penser à la corde et explique qu’il est préférable de faire deux tours, de faire travailler une sangle aussi, que la corde c’est la vie, qu’il faut en prendre soin, un halo de lumière cordiale enveloppe Alexis dans sa déclaration d’amour aux cordes, que c’est beau et pédagogique, la corde, c’est l’amour de notre vie, ok ! (comment ça j’exagère). Pendant que Nicolas descend le premier puits, Alexis m’apprend à faire une clé sur mon descendeur. Cool.

On descend, accueillis par une salamandre sur la gauche, bonheur déjà d’avoir les pieds sous terre. J’observe tout en discutant avec François puisqu’en bas, Alexis et Nicolas discute de l’équipement à suivre. Beaucoup d’attente. Mais quand ça avance, le kif d’utiliser le matériel, le troisième puits s’équipe beaucoup plus rapidement. Pour la première fois, je porte un kit, c’est toujours le kif, arrête ou je te quitte, avant que tu me loves ma cordes.. bref bref.. je suis en plein délire de vocabulaire, et trouve celui de la spéléo très loveur style , bon.

. Passage d’une grande main courante, bien. Plaisir d’être dans son baudrier, hamac des profondeurs. « On va bientôt se faire les bras » dit Alexis ! Ah bé ça tombe bien que je lui réponds, c’est tout à fait ce que je me suis dit en me levant ce matin, tiens Emilie, si tu te faisais les bras aujourd’hui oui oui. Faut passer le frac (petit aparté qui me semble hyper important à ce niveau du récit. Les spéléologues ont comme tout le monde  un langage propre (à l’inverse de leur combi), un jargon, ou devrais-je dire un jar… car oui, le spél a plais. a ne dire que le déb. des mots, ce qui peut donner lieu à des incom. pour les deb.), bref, faut passer le frac(tionnement) je disais, et ça passe ! Guénial ! Je kiffe d’avoir des bras !

C’est au tour de François d’équiper. Dans le noir, je tâte le genou de Nicolas, hummm, est-ce un amarrage naturel ? Je m’aime quand j’utilise le vocabulaire ! Je malaxe un truc mou ( l’argile est un mot de vocabulaire que je peux éventuellement penser à utiliser) pendant quelques minutes, je rallume et je vois que je suis entrain de destroy une petite figurine toute moche et qu’il y en a d’autres à côté, je partage ma connerie à Nicolas, mouarf mouarf mouarf. Bon, c’est équipé, je descends en dernier, assez déconcentrée par les genous-amarrages-mous-de-l’argile, arrivée au frac, ne sais plus quoi faire de ma longe et la met sur la corde de descente. Suis toujours sur mon descendeur et je tiens au courant Alexis de mon hésitation … j’ai le sentiment de faire une connerie … EFFECTIVEMENT ! En bas, ils mangent. Sous l’ahurissement de ma connerie ( qu’Alexis met sous le compte de la faim … mouais non, j’assume) , je fais silence et profil bas, débutante que je suis. Je vais être très surprise par la proposition d’Alexis, il y a un petit réassort ( ?!) et j’ai l’air gelée, il me demande si je veux bien me bouger pour équiper. Confiance. On me fait confiance (même après ma bourde). Ok. Observer. Amarrage nat ? ok. Et ailleurs ? Je mets plus de temps à trouver le spit mais je le trouve. Comment faire ? Faire double amarrage, nœud oreilles de mickey, sangle, visser plaquette, mettre mousqueton, visser, tout attaché, c’est parti ! Encouragement de l’équipe ! On arrive au kamasutra. Génial je suis devant, étroitures mais ça va. J’avance, je progresse, je joue des coudes, des genoux, je me faufile, enthousiasmée. Je prends deux minutes pour resserrer mon casque dans un passage plus large. Je m’éclate. Après, place à une grande galerie, poussière, facile de progresser et balisage très visible, nous trouvons rapidement la salle blanche. Séance photo. Wahou, ooooh, aaaaah, c’est juste trop beau et regarde là, un tube est remonté contre la paroi, on dirait que c’est vivant. Dans les entrailles, les concrétions ont leur staïle… et le côté rasta avec tubes qui font comme des locks, et le côté orgue ( organisme, orgasmique, organisque, vive le kamasutra ! ) On remonte, je me nique un peu les genoux, fascinée par le passage. On s’organise pour le déséquipement. Nicolas, Francois et moi pour le dernier puits, contente qu’Alexis m’intègre dans l’équipe comme ça ! Je suis beaucoup plus dedans ! Bon, il faut réapprendre à monter. Alexis explique, montre, faut passer à l’action. Corde dans kroll, pied dans pédale, bloqueur installé … suspense… vais-je réussir à m’appuyer sur ma jambe gauche. Putain de coordination de merde. Je galère, je ne réfléchis plus et je monte je ne sais pas trop comment, à l’instinct probablement. J’ai plus de difficultés à passer le passage où on se fait les bras, et je serre les dents pour le passage d’une déviation, corde très tendue, j’y passe au moins 6min57 et ça me gonfle, je m’énerve, ça m’énerve de m’énerver, je n’écoute pas les conseils d’Alexis. PUTAIN. Ah ben ca va mieux.  J’y arrive (je retiens de lancer un bon «  ta mère la pute » la spéléo, ca va peut être m’apprendre à économiser les insultes …). On monte. La salamandre est toujours là. Je dois déséquiper, classe ! Je vois le ciel. Voilà.

Sortie à 19h.

 Après, c’est le bonheur de pisser. De retrouver le chien qui sniffe… et qui fera la course avec nous comme un dingo. Alexis fait le point avec nous sur la sortie.

On est la dernière équipe arrivée. On range les kits, trop tard pour l’apéro.

 

Réunion matériel.

Le fil conducteur drôle sera la performance catastrophique de Mathieu au dessin.  L’armagnac tourne … On parle de cordes, donc de dieu. Et que trouve-t-on à l’intérieur de dieu ? L’âme et la gaine. J’en peu plus de ce vocabulaire poétique tellement c’est beau ! Mathieu continue son cours sur les cordes, on parle mm et facteur de chute, mousquetons parallèles ou asymétriques, plaquettes coulées ou vrillées, spit, broche, goujon, dyneema et sangle. Le père noël arrive, distribution des manuels techniques offert par je-sais-plus-qui-d’Aquitaine ! Qui posera cette pertinente question : faut-il faire un nœud quand on utilise la corde à même la plaquette ?

 

 

La clavette. Le 5/03

Mathieu. Nicolas. Jacek. Me

 

Oh mais qui a oublié son kit et ses bottes en partant ? Non, non, on ne se moque pas …

 

Arrivée à 10h15.  C’est Nicolas qui équipe. Arbre = ANI + 2 arbres pour déviation.

Pendant ce temps, Mathieu nous montre le noeud du tisserand, insiste sur l’importance d’utiliser autre chose (belle maitrise du vocabulaire ahem …) que la sangle pour démarrer l’équipement = il faut doubler la corde. En attendant que ça se fasse, je m’étire en me demandant si mes doigts et mon cerveau (et inversement) se souviennent de la clé et de la clé complète ( Alexis a parlé de clé-clé hier (et non pas Alexandrie a parlé de clo-clo hier)). « on verra ça plus tard » Ok. Descente des premiers puits, pas très larges, disons serrés, voir étroits. Toujours contente de rentrer dans le souterrain, d’utiliser le matos. Passage d’une dév., Mathieu me conseille et bien, je l’écoute. C’est une descente très verticale. Et puis, avant le P19, il y a une avancée, la paroi se desserre, il faut y aller à la poignée, en avant, je comprends plus mon corps, où sont mes mains, a quoi elles servent, mes pieds, où les mettre, comment me déplacer, sortir d’ici STOP perte de conf au frac, se tenir sur la corde vocale des coéquipiers, Mathieu en bas, Jacek derrière (on dirait presque une position de kamasutra mais non), à un moment, il faut savoir lâcher le début de la peur. Faut y aller. Ca passe, je descends, trop classe, c’est un beau puits, libre ! (la spéléo, je kif tes mots d’amour et de révolution). Me revoilà de bonne humeur pour calinage de monito … mais non, au tour de Jacek d’équiper. En attendant, on bouffe avec Nicolas. Il marmonne un air. « c’est quoi que tu chantes ? » Un classique. Je l’ai pas dans l’oreille, rechante un peu pour voir. Qui dit classique, dit quoi ? Je tends l’oreille pour tenter de trouver un air de Gainsbourg, de Brel, si c’est du Jean-Jacques Goldman, notre amitié sera précipitamment avortée … Mais je ne trouve pas, allez rechante un peu plus fort steuplé Nicolas !  Il y a des moments dans une vie, aussi furtifs soient-ils qui vont conditionner tout un cheminement entre deux êtres, des moments de grâce qui introduisent élégamment un copinage classe et culturel, je connais mes classiques, et on chante derechef qu’on lui pèlera le jonc comme au bahut du limousin, qu’on a pendu un beau matin, qu’on a pendu, avec ses tripeuhhhhhh ! Oh yeah ! Quand tu as partagé ça avec une personne (mille fois et une fois avec 1000 personnes), tu peux partir sur une bonne base.  

Envie de rouler une grosse pelle à Mmmmmm. Si je veux équiper ? Que oui ! Aventure, chercher les amarrages, ça me réveille, ca me tétonne d’être aussi calme, les noeuds dans les broches, bien placés, nœuds de 8, bien, accrochés. Moment chaud, comment adapter mon corps aux parois ? Conseils de Mathieu, j’y arrive mais c’est pas le top. Il passe pour équiper le dernier puits parce que lapin appris à faire nœud correctement et position trop fatigante pour un cours sur place. On ne descendra pas au P67, on veut être à l’heure pour l’apéro et Mathieu va nous montrer une technique pour descendre un corps inconscient d’une corde. Je suis son cobaye … j’essaie de capter la technique mais j’avoue que très concentrée sur mon rôle de corps inconscient, les soubresauts de Mathieu tout contre moi me … et me …. hummm enfin bref.

Après, c’est au tour des mecs d’essayer. Grande rigolade sur la position équivoque du corps à corps … mouais… l’humour des profondeurs, ce n’est pas sérieux. Pendant que Jacek percute Nicolas, Mathieu me montre la technique de réchauffement de la Tortue : le cul sur un sac, enveloppée dans une couverture de survie, bougie à mes pieds, un bonheur ! Impression d’être à côté d’un feu de cheminée … on fait griller les saucisses ?

Remontée, ok. I know les gestes essentiels et mon corps se rend compte qu’il a une jambe gauche, cool. Je dois déséquiper le P19, contente ! Mais avant, j’ai trop envie (de pisser) et d’utiliser ma zigounenette, oh yeah, c’est trop classe de pisser debout ! Je suis tellement émue que j’oublie mes gants … merci Mathieu d’être redescendu les chercher.

Après, il faut manœuvrer, utiliser la poignée, escalader, avec ou sans bloqueur de pied, le kit à gérer dans les passages étroits. J’ai un moment de doute sur une main courante, je préfère attendre Mathieu, je n’ai pas envie de stresser et de faire une connerie.

Parfois c’est hard de se faufiler, mais je comprends, tardivement certes, que si j’observe avant de passer et bien je bourrine moins, ouaissss ! Je vois le jour ! Les pieds, les genoux dans la boue épaisse, ça ne motive pas à s’éterniser. A la fin, un moment de doute, genre je comprends plus rien aux cordes, c’est Nicolas qui me guide, Mathieu se fout de moi et je sors du trou en rampant !

Sortie à 17H30 = apéro !!!!

 

Réunion du soir

Il y a au tableau des chiffres, des signes, des parenthèses avec des chiffres et des signes. Tout le groupe à la gueule dans le paxaran -offert par Maison Gilen- avec l’idée d’oublier ce qu’on va subir comme réunion. Ca chambre sévère ! K = α/Lo P=K(L-Lo)=α … Bon, c’était une blague, ouais, le chef efface tout et nous concentre sur le facteur de chute, la résistance des cordes et les nœuds !

Et là moi je dis merci, parce que je me sentais un peu inculte du nœud et j’ai envie, ou disons, que j’ai même besoin, oui, de faire des nœuds, je veux m’entrainer, je veux comprendre. Alexis (mais il est tout le temps aiguisé des sens lui !) qui a bien compris mon objectif (et mes lacunes) me balance un bout de dyneema , au boulot Emilie, tu noues, dénoues, noues, dénoues, tu noudenoudouises un max quoi !

Bon. C’est quoi un Mickey ? Tu fais la base d’un huit, et pis tu recoiffes.

Deux autres nœuds sont à connaitre, utiliser (ou pas) et surtout à reconnaitre : le double chaise, et le fusion ( qui est en quelque sorte un nœud moche à la mode ).

Je suis à côté de François et on se marre quand même comme des petits cons. Du coup, il doit aller au tableau et équiper un puits sur le schéma de Mathieu, ouais. Façon d’aborder les notions de point principal et secondaire. Et l’utilité de rajouter une déviation ou un fractionnement (sur les longues montées, c’est mieux). Equiper confort = sécurité, et inversement, qu’on se le dise.

Gilen sort sa carte contrepétrie avec une belle gestion de kit et aussi un bout de kit (qui est mieux). Le choix des équipes.

Je ne serais ni avec François ni avec Nicolas, c’est les boules ! Mais super contente de faire un trou avec mon copain Gilen et de redescendre avec Lysandre.

 

 

Mercredi. Il faut trouver Schatzi !

Mathieu. Gilen. Lysandre et me.         

On se retrouve le matin après le ptitdèj pour un peu d’orientation. Il faut  localiser le trou sur une carte. Alors encore une fois, je suis sur le kif ! Mathieu m’apprends à repérer le Lambert III (un truc bien français utilisé par les spél. En noir sur une carte) et l’UTM (truc américain, quadrillage bleu ).

Marche d’approche = 30 min dans une jolie forêt. Lysandre, qui porte une corde de 100m, galère un peu, et râle ouvertement ! Genre ! Il demande un coup de main (tu veux pas que je te brosse les dents aussi ?), allez, comme je sais être sympa, je prends les mousquetons. Où est le trou ? Il arrive que les trous se déplacent, annonce Gilen. Oui, les soirs de lune rousse ! Que c’est bon de faire de l’esproétique dès le matin ! On trouve rapidement quand même.

Je n’ai pas l’heure d’arrivée, ça commence. Il va falloir que je sois plus rigoureuse dans mes compte rendu (et que je m’achète une montre).

Gilen commence à équiper. Mathieu nous montre des nœuds, trop cool, on s’entraine à faire des mickey, c’est disney dans ma tête. Ouais ouais, je m’autorise une fois cette vanne, et après on en parle plus jamais, promis. Gilen veut la fiche d’équipement mais trop facile selon Mathieu, demerde toi avec tes nœuds au cerveau. Sympa. Et formateur.

Le début du trou est étroit. Je me sens en forme, bien dans mes jambes, je ne pense même plus à mes courbatures des bras, je suis confiante (trop peut être). Toujours dans le kif de gérer le matos et de mieux comprendre l’équipement grâce à Professeur Rasse. 3 jolis puits vont se succéder. On croise des rhinolophes endormies, on dirait les fruits de la roche. So cute. Assis dans un petit passage, Gilen, Lysandre et moi attendons que Mathieu finisse un équipement. Gilen se propose de me dessiner un chien sur mon casque, c’est chou ! Comme de toute évidence, nous nous retrouvons à parler des hommes des cavernes (et à dire de grosses conneries, mais dois-je le préciser ?), de comment ils se sont repérés et pourquoi ils ont dessiné sur les parois. Pour ça, j’ai ma théorie. …  que je ne peux qu’expliquer en grognant, enfin bon, fallait être là quoi ! Gilen, qui cache bien son dépit, m’explique que pour peindre sur les parois, ILS utilisaient une petite statuette pour faire refléter son ombre chinoise à la paroi. Puté, le made in china, ca date vraiment pas d’hier ! Bon, on reprend l’exploration. Au passage d’un frac, le cul dans le vide (plein pot) je fais que des conneries … descendeur à l’envers, super, corde emmêlée, ca le fait, pas assez de mou, youhou … je reste jesépacombien de minutes, suspendue à 18m, t’as pas envie de faire une connerie quoi. Du coup je savoure la descente, à deux à l’heure, les mecs se foutent de moi en bas, gentiment, sur ma vitesse de croisière assez inouïe, je pense qu’on ne peut pas descendre plus lentement que moi ! Mais Schatzi est belle ! Il y a un passage de nœud. J’enlève mes gants, je fais une clé sur le descendeur, je me longe sur la ganse et après je ne sais plus !! J’écoute tout ce que me dit Mathieu et j’y arrive ! Pour le magnifique résultat filmé par Gilen… 10 minutes au total pour ce puits, putain de prouesse ! Les pauvres, ils m’ont attendu dans le froid du trou. On mange. On continue la progression, début de puits étroit, Gilen est derrière moi et m’aide. Et puis je suis la dernière à passer pour le dernier puits. Je le sens pas, mais pas du tout. Je ne vois pas vraiment comment me foutre pour ne pas me casser la gueule. Je remonte un peu, à l’abri du vide, et surtout à l’abri de  moi-même, et je dis aux autres que je reste où je suis. Tant pis je ne verrais pas le fond du trou, même avec les motivations des copains. En vérité, je suis crevée et rien que d’imaginer la montée ça me fout le stress d’une éventuelle situation d’échec. Ca va être hard, ca l’est. Je galère avec le matos, comme si je l’utilisais pour la première fois. Je fais des erreurs, 

Mathieu me conseille, patient et, pour me réveiller un peu, me demande de déséquiper. Il a raison, ça marche. Je me sens d’une lenteur hallucinante mais j’essaie de ne pas y penser parce que c’est toujours un peu gonflant de se sentir boulet. Ensuite je passe deuxième, Gilen est devant et Lysandre va déséquiper la fin du trou. Moi je morfle pour me sortir des têtes de puits étroites bordel de merde ! Je vois le jour et je suis coincée. Je pense à bien gérer le kit aussi, mais je jure sa mère que j’en ai plein le cul de ce trou et je grogne dans ma caverne et je me hisse et je me rends compte que Gilen me filme, putain ! Ca va être beau à voir … Je sors sur les rotules, ca fait du bien d’en avoir chié, ça tue sa pute d’aller dans ses limites. Voilà, je l’ai eu ma leçon d’humilité… hein, moi qui partais si confiante et en jambe … bref … Mathieu est remonté et me réchauffe le dos, classe ! Pendant que Lysandre galère, on enchaine vanne sur vanne avec Gilen (ce n’est pas le lieu pour parler de chatte qui fume, fallait être là), en tout cas, c’est trop bon de rire comme ça. Mathieu tente de nous apprendre le Louchebem mais ce n’est pas trop le moment neuronal pour ça, je sens que réfléchir peut me faire collapser. Je sors de cette conversation louf en loucedé.

A 18h, tout le monde est sorti du trou. On descend, c’est super joli, les rayons du soleil plongent dans les sous bois.

 

Réunion du soir

Petit badminton avec Gilen,  quand d’autres s’essaient au trivial poursuite. Genre.

L’ordre du jour sera : les traversées. Mathieu nous donne le choix entre deux : hayau ou moustayous et de nous positionner sur un moniteur (kamasutra sors de mon corps). Moi je sais ce que je veux, les moustayous et Cédric. Entre ceux qui ont déjà traversé Hayau et ceux qui ont déjà eu tel ou tel mono, le truc le plus simple est de tous partir au Moustayous demain ! Trop bien ! D’autant plus que je suis avec Nicolas et Gilen, coooool ! Trop de la balle ce stage !

 

 

Jeudi. Les Moustayous !

Cedric. Gilen. Nicolas et me

On part en premier avec l’équipe d’Alexis. Je monte avec Cédric, sympa de faire sa connaissance. S’il y a bien une chose qu’il trouve tout de suite, c’est le chemin pour aller au trou. En revanche, pour trouver le trou, on ne pourra pas compter sur lui … ahem. Montés trop tôt, nous voilà à crapahuter sévère à travers les bois. On s’éparpille, ça grimpe sec, on essaie de rester à portée de voix mais on est tellement en petit groupe que ça donne une scène incompréhensible et débile digne d’un épisode de Kaamelot. Cédric, un nouveau Perceval ?

Mec 1 :  Hé, vous êtes ou ?

Mec 2 : T’as trouvé le trou ?

Mec 3 : La, on est là

Mec 2 : Au trou ?

Mec 3 : Ils ont trouvé le trou !

Mec 1 : Hé, vous êtes où ?

(le mec 4 préfère siffler un coup)

Mec 2 : non on n’a pas trouvé

Mec 3 : on est là !

Mec 1 : Qui a trouvé le trou ?

 

Bref, assez ridiculosible (ouais ouais) pour me marrer et me donner l’énergie nécessaire de ne pas penser à mes cuisses et mollets qui morflent. Alexis, oh oui, trouve l’entrée, y’a plus qu’à monter vers lui, encore, c’est chaud dans les jambes mais bordel que c’est bon d’arriver ! Cédric fait une tête pas possible et se fait chambrer à l’unanimité, et ce n’est que le début !

Charlotte s’est blessée la cheville à la montée, Alexis décide sagement de renoncer à la sortie, Stéphane restera avec eux, et Monica viendra avec nous !

 Je suis ravie de revenir faire cette traversée qui fut ma première sortie avec le CDS64 en septembre !

Très vite on se régale, ça commence par un superbe p40, suivis par d’autres puits. Gilen et Nicolas équipent tour à tour, mais Cédric ne m’oublie pas et je dois faire une main courante et un puits de 8, j’ai des hésitations mais ça va, je me régale toujours autant à réfléchir aux nœuds, cordes. Intéressant de découvrir l’encadrement de Cédric. Je prends plus de temps que les autres pour équiper, c’est vrai … mais quand faut y aller, faut y aller, et Cédric me dit de mener la progression, oh my god je me régale. Des passages étroits, glissants, boueux, dégeu aussi, allez hop, une petite bataille de boue, on s’en fout plein les joues. Une sorte d’ambiance à la Indiana Jones Warrior de l’espace s’installe entre nous ( oui c’est possible), et la traversée se traverse comme de rien, version ludique et pro en même temps, car Cédric, aussi fun peut-il être, a toujours l’œil sur nous. Il me fait un petit retour sur mon équipement, me dit quelques mots encourageants pour la suite … et me montre un tour à la one-again pour me décrocher de ma petite longe (fallait être là) … on sort, heureux de nous-même, enfin il me semble … la bonne humeur est là, et l’honneur est sauf, le groupe de Mathieu ne nous a pas rattrapé.

 

Je fais une petite par. Ici : j’ai trouvé, qu’à chaque descente de trou, l’ambiance se construisait petit à petit, tout doucement, des mots presque à peine murmurés au départ, faire connaissance calmement, en attendant les autres équiper, et puis, d’un coup d’un seul, un joyeux petit bordel naissait, un espèce de moment où chacun se retrouve au fond de son cerveau, et n’y pouvant rien (et sans doute à l’aise avec les autres stagiaires, parce que cette session, je veux pas dire, mais on est bon !) se met à partager avec les autres tarés du fond ce qui colle au bout des neurones. Ouais. Il y a des exemples en vidéo (je me mords les doigts d’avoir loupé Charlotte improviser sur l’air de la petite sirène, Walt Disney.. encore un coup de noeud de mickey ..mouais). Ce qui se passe sous terre, doit y rester disent-ils … disons que c’est un autre art de mettre en lumière les superberies délirantes qui y naissent, un peu comme se frotter à la description des moultes stalagtites-mites-bites et autres merveilles.

 

Voilà, retour au gite, retour à l’apéro, retour à l’essentiel … bon, l’ambiance est de plus en plus ...serrée, ouais, on se fait des copains, des anecdotes, des running gag, autant dire que je m’éclate. On arrive tous plus ou moins bourrés à la dernière réunion.

Ordre du jour : les premiers secours… ah ben c’est du joli ! Si j’ai bien compris le raisonnement, il faut des filles, des capotes, et des filles, et la survie est assurée ?

Oui, bon, c’est pas la peine de faire mon petit numéro, le seul à retenir est le 0800 121 123 SPELEO SECOURS ! On voit en détail le listing des choses à prévoir avant d’être dans le trou, et puis pendant … j’ai bien envie de faire un stage secours moi !

 

Dernier jour. Grotte de Capbis. Tous ensemble !

Pour clore ce super stage, nous allons tous dans le même trou ! L’occasion de retrouver mes copains avec qui j’ai adoré progresser, et puis de descendre avec d’autres. La grotte est jolie comme tout, et la baignoire d’argile bien à niveau, on s’en met plein les bottes … et les joues parce qu’on est joueur ! On fait un petit exercice de secours, et puis on rentre.

Oui, c’est bref comme description, mais j’ai rien noté sur mon carnet, qui est bien plus fiable que ma mémoire.

Après, faut laver le matos dans le gave. Dernier moment de groupe, sous le soleil qui ne nous a pas lâchés de la semaine. On se montre nos bleus, on se remémore les instants T de la semaine, je commence à en avoir gros de les quitter bordel ! Bon, j’ai réussi à avoir des adresses mails et puis on peut se revoir le weekend prochain pour le rassemblement d’Arrette, OUfffff . Des bisous, des étreintes, les derniers rires … et me voilà dans la voiture, un peu chaos de toute cette semaine, mais remplie d’une sacré bonne énergie. Un vide quand même, un vide de tous ces moments de groupe, et des images de rêve plein le cerveau. Je regarde Mathieu, trop beau, y’a du reggae, allez, on monte le son ! Dimanche, Bexanka !

 

Emilie

 

dimanche,29 juillet 2012

Les Isards reprennent du service

Les Isards 28/07/2012 Gaël Enaud et François Ichas

Quand y en a plus y en a encore...

Cette fois, l'initiative vient de nos amis de l'extrême nord : l'équipe belge de Jack London qui travaille sur le Ger depuis de nombreuses années.

Eux aussi ont une histoire avec ce trou. A l'époque (fin des années 80?) ils avaient levé la topo jusqu'à moins 300, pendant que nous en faisions de même... (je rappelle qu'à l'époque, Internet n'exitait pas) De plus ils ont exploré un actif qui se perd au niveau de la main-courante située après les Grimlins. Pas de topo à se jour mais il paraît que ce n'est pas du gâteau. Mais surtout, ils font partis de ceux qui ont été jusqu'au terminus 1986.


Nous voilà à pied d'oeuvre

A ma connaissance, quatre équipes sont allées au fond : l'équipe Sirieix (Dordogne), Duplantier, Gaspé et Depablos du GSGaves, une équipe d'ardéchois,  une équipe belge de Continent 7 et à nouveau le GSGaves (trois fois : vive nous!) accompagné de Jérôme Labat (SSPPO) et Olivier Pierre (Bassaburuko Lezentztat) lors de l'ultime pétée en 2006. Cependant, il semblerait que les ardéchois et la première équipe (Siriex & Co) ne soit pas allées jusqu'au véritable terminus dépassé en 2006. En effet, un P5 a dû être équipé pour arriver devant un bloc qui obstruait le passage. Seuls les belges racontent avoir descendu un dernier puits sur amarrage humain. Nous avons trouvé des traces de pas au dessus du bloc. Mais l'équipe Siriex c'était arrêtée au bas du puits précédent  (P8 puits de la dev) situé quelques mètres en amont. Il fallait alors passer dans une étroiture active peu engageante qui a été shuntée depuis. Petit rappel, le terminus était alors à 10h de l'entrée... Fallait le faire. Voilà pour la petite histoire.

Je ne sais pourquoi cette année, Continent 7 décide de remettre ça. Et je ne sais encore moins pourquoi, amnésie due au temps qui passe, peut-être pour écrire encore quelques lignes de cette histoire, je propose de leur donner un coup de main en leur descendant un peu de matos au bivouac de -250m. Oui, cette fois, ils vont utiliser les installations qui nous ont permis d'aller par trois fois au terminus sans ressortir à l'agonie  (finalement, le "Royal de Luxe" est en passe de devenir à l'exploration souterraine, ce que l'ISS est à l'exploration spatiale : un modèle de coopération internationale à la pointe de la technologie...) De plus, nous avons laissé du matériel d'explo (corde et amarrage) pensant y revenir...

                                                                     L'entrée des Isards, toujours aussi avenante...

Seul problème : trouver une personne capable de descendre du matos et qui n'ai pas entendu parler du trou... A cet instant : 

- "driiiing"

- "allo"

- "Gaël! Oui, comment vas tu??"

- "..."

- "ça te dirait une petite sortie dans un trou à Gourette?"

- "..."

- "super! OK, on y va dans 15 jours"

15 jours plus tard, malgré le temps incertain, c'est une affaire qui roule. Jack a laissé deux kits chez les pompiers de Gourette et nous avons un passe pour accéder à la piste jusqu'au plateau du Bézou. On apprécie. 

J’appréhende quand même un peu, ça fait des mois que je n'ai pas fait de véritable spéléo mais Gaël me dit de même (sauf qu'il n'a pas le même nombre d'année, mais je me souviens que, PH avait mon âge quand nous sommes allés faire la topo depuis le fond. Je réalise et je n'en suis que plus qu'admiratif et reconnaissant).

Finalement, nous montons sous la grisaille jusqu'à la gare intermédiaire. Petit crapahue jusqu'à l'entrée où un superbe ciel bleu de bonne augure nous accueille. 

Raid flash-éclair, nous descendons en 2h45 et remontée (sans kit) en 3 heures. 

- "bon alors, comment tu le trouves ce trou?"

- "il est super... mais j'y reviendrai plus!"

- "ça te dirait un chocolat chaud?"

Descente dans la purée de poix.

Content!

                                                                      Gaël, content!

                                                           On ne s'en lasse pas...

Nous laissons de la nouille de 8 chez les pompiers pour l'équipe qui ira au fond. Ils descendront lundi avec une météo favorable cette fois. Les choses semblent bien se présenter.

Vivement la suite!

samedi,19 mai 2012

Radelage*

Ce jour, samedi 19 mai, journée radelage en vallée d’Aspe et, allez savoir pourquoi, on m’a invité à y participer. Sur le papier le rendez-vous est fixé à 12 h 30.

J’y suis à 12 h 20. Personne. 12 h 30, 12 h 35. Rien. Pas l’ombre du soupçon d’un radeleur…

Tiens une affiche… « présentation…. Discussion, causerie etc… à 14 h 30 ».

Bon… il me reste deux heures à passer.

Je décide d’aller voir le rocher école de LEES ATHAS. Très beau, splendide… mais il me reste encore un bon moment à passer. Je continue le chemin, et je poursuis. Bien sûr ça monte, mais c’est beau. Le temps est plus que menaçant, et je suis parti « léger » du point de vue chaussures, vêtements…

Mais il fait bon et le paysage est magnifique… Je m’approche des nuages. Mauauauauauauvais, ça .

P’tain, là ces arbres, là, c’est pas normal qu’ils poussent comme ça, à cet endroit. Me paraît bien creux le terrain derrière. Problème(s) : c’est encore un peu loin et c’est plus qu’un peu raide pour y accéder. Mais ça sent le zilo, ce truc-là. Allez en allongeant le pas et en augmentant la cadence de ces derniers , je devrais pouvoir prétendre me rapprocher des lieux convoités. Et ça ne manque pas : je m’en approche pas mal. Reste une petite pente à descendre, un peu raide, très raide même. Herbes longues, mouillées, chaussures dites « de ville »… J’ose, j’ose pas . Fiente… arriver là et renoncer. Tudieu, mais je suis du GSG, non ? Alors, j’ose… Oh !!! pas longtemps. Je descends de deux mètres et là, glissade. Et dessous, y a du gaz. J’ai pas l’air c… avec mon parapluie en bandoulière, mon joli polo à épaulettes et mes mocassins « bootsea » (ou seaboots). Rétablissement, arranger la mèche, remettre le parapluie en place, frotter le pantalon pour tenter de camoufler l’injure. Seconde tentative (Fiente…. Je suis du GSG, non ?) Là, c ’est moins beau ( beaucoup), moins élégant, et la préservation de l’espèce impose une retraite qui devra se dérouler dans la dignité et l’honneur dûs aux âmes fortes trempées dans le métal dont on fait les héros . C’est ainsi que se déroulera la suite…Bref, je n’insiste pas, je préfère partager le plaisir d’une éventuelle première avec les vrais copains d’un vrai club auquel j’adhère, à savoir le GSG . Bon, mais pour le coup, je ne sais pas si le trou y est ou si le trou y est pas, mais faut aller voir à deux, trois ou quatre.

Dans ce compte-rendu, pas de détails topographiques qui pourraient aiguiser des appétits. Et en plus, pour le plus grand désespoir des innombrables lecteurs de cette chronique lue bien au-delà de notre cercle, je n’étais pas équipé d’un appareil photographique qui aurait pu rendre compte de l’ambiance surnaturelle de ce début d’après-midi :

« Alentours, les rares pics dégagés semblaient toucher les nues. De part et d’autres, des abîmes insondables, dans lesquels se perdaient nos regards. L’horreur était partout, nul endroit sur le Terre n’exprimait autant de crainte. Dieu aurait-il abandonné ces lieux ? »

Pour finir…. Je finirai mon périple sous l’orage et avec une abattée d’eau que même Noé n’aurait pu imaginer.

CONCLUSION : faut repartir sur les lieux…

Michel

* ici figure la définition du mot : ?

jeudi,12 avril 2012

Il a bon dos le dos…

12/04/2012 par Michel

Depuis un certain temps, douleurs lombaires…. douloureuses.

Depuis moins de temps, le Père Fraznçois s’évertue de remettre les pièces du puzzle en place.

Et donc vendredi 12 avril, le corps beau qu’est le mien se sent d’aller faire une randonnette afin de fortifier le système cardio-respiratoire et détendre les muscles meurtris par des semaines de souffrance.

Bref… avec ma fidèle compagne (Flanelle) le projet d’aller faire une boucle en Haute-Soule est retenu. Il y a la possibilité d’en faire une de 1 h , une autre de 3 h 30 et la troisième de 7 h 30. Vu l’état de la bête on prend l’option 2

Arrivée à Lacarry vers 10 h. En traînant un peu on pourra trouver le temps de casser la croûte par là.

Départ pour le col Arreta. 35 min. Très beau sentier, très agréable. Ô le beau petit piton rocheux qu’on voit à droite !!! Bof, que faut-il 30-35-40 min pour y aller ? Allez, on y va. Il faut traverser une fougerée qui a subi le passage du feu courant. Et comme il a plu, à chaque pas, on relève 2 kg de boue. Et ça, ça vous muscle les cuisses. Bref, Magnifique belvédère que ce piton. Tiens en bas c’est Etchart. En 30 minutes on doit y être !!! Allez descente plein pot. Une fois en bas, il faut bien remonter et tout ça fait qu’il est quand même 12 h 30 de retour au col d’Arreta. Trop tôt pour manger. On va finir notre boucle de 3 h 30 (plus ce qu’on a fait). Donc vers 14 h ou presque on a fini. Et on repart. Alors là, un sentier magnifique. Devant, une barre rocheuse impressionnante, à droite un thalweg encaissé en diable. On Marche, on marche, on marche. Contrairement à ce qui est prévu ça ne descend pas. Alors on marche. Une extraordinaire maison abandonnée au bord du chemin. Ben !!! les gens qui vivaient là étaient quand même très isolés.

On marche toujours. Ah !!! ça monte et même ça monte raide. Etrange !!! Bof !!! Pourquoi pas ? Belle forêt, beau chemin. Ah, ben ça alors, la barre rocheuse imposante que je voyais au départ est juste devant moi… P’tain, je suis un peueueueu perdu sans doute. Histoire d’être rassuré, on se prend une abattée de grésil d’abord, de grêle en suivant, quelque chose de bien. En quelques secondes tout est blanc. Flanelle est paniquée au point de devoir l’attacher pour qu’elle reste avec moi. Hum !!! chetbonchademarcherchurlescheminsterreux recouvertdegrêlons. Chaglichechapatinechecetchechouette.

M’inquiète toutefois cet itinéraire ! A nouveau ça monte sec. La barre rocheuse est derrière moi et je suis… au-dessus. Aucune idée de l’endroit où je me trouve. Alors… faire demi-tour , continuer ? Il est à peine 14 h tout juste passées… A la demande générale, on continue. Et on continue à monter. 45 minutes de plus… Splendide… Splendide pâturage avec un vent aussi glacial que violent. On marche au pif, «vers l’Ouest ». Un quart d’heure de plus, ça descend légèrement, puis un peu plus et, et, et on arrive sur une route. Bosmendiette, nous sommes à Bosmendiette ! On n’a pas dû prendre la boucle de 3 h. Il est près de 15 h 30. Et que voit-on là-bas au loin, très au loin ? Lacarry, là où est la voiture. Reste plus qu’à descendre, mais ça paraît vraiment loin.

La route, la route. Description de l’itinéraire sans grand intérêt. Enfin la bagnole. Il est près de 18 h. Voilà, il y avait donc une dizaine de km sur la route pour terminer la randonnette. Il est l’heure de casser la croûte. Ce que nous faisons : saucisson-fromage pour moi, croquettes allégées pour Flanelle. Et on regagne le gîte issorien sous une pluie battante.

Plus mal au dos, plus du tout depuis ce jour. Me demande bien si la Sécu rembourserait cette thérapie ?

mardi, 1 novembre 2011

A tombeau ouvert

01/11/2011 Irène avec Christine et Didier (GSO)au fond du trou

En route vers notre excavation du jour, nous espérions, sans oser le formuler, ce qu'allait nous offrir Irène ce jour de Toussaint. Plutôt que de rester terrés dans notre séjour cuisine, nous avons été goûter l'air ô combien frais exhalé par le puit sans fond (pour l'instant) qui est, nous le souhaitons, le préambule à de longues explos.
la guinguette "chez Irène"
Les records d'Irène :
3 minutes de descente nous ont mené en pointe de l'explo.
3 minutes ont suffi à maculer intégralement nos combis fraîchement nettoyées. Tout cela pour découvrir les résultats de la dernière péture du père François : un amas glaiseux de cailloutis et de blocs que nous étions invités à dégager.
Christine a bonne mine
C'est la reine incontestée de la barre à mine qui une fois de plus, a, fait basculer des pavasses et à ouvert la voie (pensez au perfo) à la prochaine explo.
Nature morte
L'air frais monte doucettement. La béance (modeste) créée montre un palier (de plus) 4 m en dessous dans un espace un peu plus large que le déjà parcouru. l'affaire reste à suivre...
Plein les bottes
Une remontée glaiseuse à souhait. L'argile abondant bloquant nos bloqueurs, la glissade est au programme. Après celui de la cavité, le nettoyage du matos a été fait au crépuscule en vallée d'Alçay, celui des
spéléos a casa.

Bottes de dézobeurs
Le photo reportage en reste à des vues suggestives qui ne se veulent ni
choquantes, ni provocantes.
Didier et Christine



dimanche,23 octobre 2011

Ces Dames de Camou

2011-10-23 Maddalen Irène avec Frédo Verlaguet, Eric Gelos, Charles Piau, Didier Marion et François Ichas (GSO, GSVO, GSG)

Frédo profite d'une fenêtre météo pour retourner faire une pointe dans le S3 de Maddalen. Au passage, il fouille le haut de la zone thémale. Il aperçoit un puits remontant avec miroir de surface. A voir!

Il poursuit vers l'amont où il ajoute 20 mètres de plus, toujours dans le même azimut. Problème, il descend encore de 5 mètres (-47m) mais préfère arrêter là à cause des palliers que ça  implique. A continuer car c'est toujours aussi large (10m sur 0.8m)

Des relevés de température sont effectués à l'aide de deux Sensus Ultra. Dans la zone thermale la température est de 30°. Au niveau de sa pointe en amont, l'eau est quand même à 15°. 

Toujours dans le S3, il croise une anguille de 1 mètre de long!! Plus tard, Battitte nous informe que le ruisseau qui traverse le village était réputé, dans le passé, pour ses anguilles.

Durant la plongée d'Eric et Frédo, j'en profite pour avancer le chantier chez Irène. Après une bonne séance de barre à mine et un "fracassage", la voie est libre. 4 mètres plus bas, je me retrouve dans le même profil et même situation que l'étage que je viens de quitter... sauf que la suite semble compromise...

En me faufilant, je retrouve un oeil noir qui me regarde entre deux blocs. J'arrive à y envoyer un petit cailloux : gagné, il y a du vide derrière! Le temps de faire du rangement, nettoyage à la Grosse Berta et 2 forages (dont un transperçage...), et je repars vers Maddalen pour la sortie des bouteilles.

Je ne sais plus où donner de la tête moi avec ces basquaises!

vendredi,14 octobre 2011

Irène, Christine, Birgit et moi

14/10/2011 Irène avec Christine, Birgt et François (GSO-GSVO-GSG)

C'est donc une sortie entre filles puisque Michou nous a laissé tomber pour quelques stères de bois...

Cette fois, nous entamons la marche d'approche vers l'objet  de toutes nos attentions plus chargés que de coutume. Irène grandit, maintenant il faut mettre son baudrier... 

                                         Nous n'oublions pas nos offrandes à Irène.

Discrètement j'essuie une larme : quand je pense que je l'ai connue toute petite... je me souviens même du jours où nous l'avons trouvée, blottie au pied d'une petite barre rocheuse. Et maintenant, voilà qu'elle fait ses moins 14, moins 15 mètres... Evidemment, à cet âge, tout ne se passe pas comme on voudrait, il faut canaliser, redresser, maîtriser cette nature indocile.

                                                  Le haut d'Idéfix

Sur une suggestion de Birgit, nous décidons donc de rectifier le départ du puits Idéfix, descendu par Christine. Il faudra nous y reprendre à deux fois.

Auparavant, je descends avec Christine pour voir comment ça se présente. L'énorme obélisque de la dernière fois gît là en position instable. Nous faisons le ménage en jouant de nos instruments favoris : Christine à la barre à mine et moi à la grosse Berta, Mieux!

                               3 mètres au dessus du terminus

Après avoir enlevé un peu de terre, nous nous faufilons vers la bas.

- "ça descend!"

... avant de butter sur un "bouchon" de blocs. 

Maintenant, c'est net, nous sommes dans une diaclase qui plonge. Par endroit, des blocs coincés qu'il faut dégager.

Nous arrêtons le chantier en haut d'un ressaut de 3 mètres environ avec de l'espace en dessous et une légère zéphyr dans la visage. Nous devons être à -20m maintenant.

Voilà une affaire rondement menée. A signaler qu'à cette occasion, Christine a tenté une alternative à l'injection de silicone pour avoir les lèvres pulpeuses : le pavasse de 10...

                                           Bon alors, comment vous me trouvez??

... si ça marche, elle se fait l'autre côté. 

samedi, 8 octobre 2011

Pêche au gros

2011-10-08 Irène avec Christine, Didier e François (GSO-GSG-GSVO)

On ne change pas un équipe qui gagne!

- "il faudra qu'on termine tôt car nous allons à un spectacle vers 18h30" Christine

                                           Irène : le rendez-vous du samedi après-midi

Notre plongée vertigineuse dans les entrailles d'Irène (euh, pas terrible cette phrase) avait buttée sur un resserrement de paroi, nous reprenons donc notre histoire à ce niveau.
Deux chizbugnes sur la paroi  de gauche nous permettent de retrouver notre massette à l'entrée d'un passage étroit qui semble livrer l'accès à une descente dans le méandre. Didier se faufile : 
-" ça continue vers la bas, je vois du vide mais il y a un pont de roche à dégager"

                                                    Toujours plus gros

Ce n'est pas très large. La technique perfo-pointerole nous permet d'être plus en l'aise et d'y voir plus clair. En fait, nous sommes au sommet d'un petit puits mais il y a d'énormes blocs qui en obstruent le passage. 

A force de remuer, nous en extrayons un de belle dimension vers la surface. Le second résiste à la technique "éclateur", nous optons donc pour la méthode forte : après évacuation vers le haut, ça devient plus spacieux.

Belle prise!

-" Christine, il est 18h!"

- "c'est râlant, font chi... ces blocs"

Malgré la pression qui monte, l'envie de voir ce qu'il y a dans ce noir, Christine, qui se trouve au dessus de l'édifice, trouve que ça serait bien d'équiper et de mettre un baudrier... En y regardant de plus près, c'est vrai que ça n'est pas du luxe. Va pour l'équipement.

 C'est ainsi que rassurée, elle poursuit son travail de "titillage" de l'ensemble de blocs qui tiennent en auto-coincement. 

- "Christine, il est 18h30!"

- "'ptain, c'est pas possible, je vais pas laisser ça comme ça!"

                                                       Du plus en plus gros!

Là, elle est à fond, comme un fauve en cage, affamé, devant un steak inaccessible! De plus, la situation est technique. Nous avons mis un énorme bloc en suspension grâce à un ingénieux mouflage, permettant ainsi d'aller dégager par dessous, les autres blocs à l'aide du cure-dent...

18h35

                          Christine et son équipement EFS... mais pas trop, on est en explo!

-"braaoumm"

Ca y est , c'est gagné! La voie est libre. Avant de descendre, nous laissons glisser le menhir en suspension. Quatre mètres plus bas, Christine prend pied dans un espace plus large, plus haut.

                                              Sous les pieds de Christine : le puits Idéfix

-" ça queute!"

- "mais non, c'est pas possible, faut chercher le courant d'air"

- "ah, oui, je vois où ça part. Je vois sur 3-4 mètres mais il y a encore des blocs"

Bilan. Nous avons progressé de 7 mètres vers bas et nous somme toujours dans le méandre avec beaucoup moins de terre mais toujours des blocs en travers. Nous estimons être à -15m. 

A noter que nous avons sorti une quantité conséquente de blocs qui s'accumulent de plus en plus près de l'entrée, vu qu'ils sont énormes. Va falloir du personnel pour dégager tout ça...

                                             Gisement d'obélisques garanties d'époque

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