08/02/2015 le Mirko avec PH et François

Compte rendu à 4 mains

Mel envoyé par PH sur la liste: 

"Chers Géesgiens,
Hier François et moi nous sommes rendus au Mirko.
En voyant que la clôture du trou avait été refaite de fort belle manière, j'y ai vu un très bon présage.

Mais en attendant que François nous relate avec le talent que nous lui connaissons nos péripéties par le menu, je ne résiste pas au plaisir de vous informer que nous avons franchi le passage qui nous avait arrêtés la fois précédente. Les arguments convaincants ayant été employés à bon escient, il n'a été pour François que de franchir l'ex-obstacle. Comme il était le petit dernier dans Mirko, c'est lui qui a fait la première. On est comme ça au GSG.
 Mais la précision qui nous est coutumière m'impose de vous dire que le plaisir du franchissement a été tout aussitôt mâtiné par une profonde déception au vu de ce qu'il y avait derrière.
Rien.
Un cul aussi impénétrable que celui d'une vieille carmélite en son couvent. Rien, et de rien à faire malgré l'usage peu mesquin que François fit de la 4/30, dite "la Cucarracha" ou "la mère Tapedur", associée à son complice le burin.
Nous en avons conclus qu'en même temps que nous faisions une première, nous enchaînions illico par une dernière.
Grandeurs et servitudes de la spéléo.
Tout est déséquipé, et nous avons retrouvé le burin de Michou.
Bien à vous
P-H"

                                                                                               PH se fait une  Lipo

Compte-rendu annoncé plus haut :

Que puis ajouter? Sans doute rien pour la science karstologique,un peu  plus sur l'anthropologie et plus particulièrement sur l'étude que nous menons depuis plusieurs années sur un groupe fréquentant la région des Gaves : le  géessegé.

Suite à ces retrouvailles avé le Péache, j'ai médité longuement et, avec le recul que donne le temps, j'ai noté que nous avions bien changé, surtout lui...

Après un trajet Oloron-Lurbe très court car nous étions plongés dans des confidences secrètes que nous tairons. Oui c'est comme ça avec PH, quand nous pratiquons une exploration : nous commençons par nous introspecter profondément...

Breeeef, comme dirait Michou, nous voilà à pied d’œuvre. Amarrage, corde, déviation... fluide, Passage de la première étroiture :

- "aaah! je passe pas!"

- "mais si, je fais 80kilos et je passe"

- "ah bon..."

                                                                                 La pause repas du manœuvre

Petit méandre, P3. PH équipe sur un spit de sa composition (à moitié planté... curieux, en d'autres temps...), étroiture verticale, 3.5m en horizontal et nous arrivons au sommet d'un P8, formé dans un joint vertical semble-t-il. Là, pas d'amarrage, PH continue sur de la 9mm qui frotte bien partout après avoir rabouté la corde à l'aide d'un noeud de sa facture (voir plus bas)... Curieux, en d'autre temps, je me souviens qu'il était plus regardant...

En bas, l'objet de sa convoitise qui devient le mien également : un départ de méandre pas large, où se perd un petit actif ainsi qu'un courant d'air aspirant...alors pourquoi pas nous?

- "bon alors, qu'est ce que tu en penses?"

- "ben, c'est jouable, ça a l'ai plus large en bas et on dirait un ressaut..."

- "Bon on remonte chercher le matos"

Et nous voilà reparti pour une petit parcourt d'obstacles que nous allons renouveler un certain nombre de fois. Tandis que PH fore à 400X10mm je crois, pour y mettre un bon bout de réglisse qui vous dégage les bronches comme il faut, je m'occupe de placer deux amarrages en haut du P8 après une brève concertation avec PH... Curieux, en d'autres temps on y aurait passé une demi heure (cf équipement du B3) 

Nous renouvelons deux autres fois et demi cette opération

- "p'tain on est bon, tu sens comme ça respire!"

- "ah oui, ça a bien dégagé"

Et là, je passe un de ces moments qui m'en rappelle plein d'autres (séquence émotion) : PH en train de taquiner les blocs suite à un ébranlage sérieux : de l'art! Oui de l'art plus que de la technique, un sens du coinçage, du petit cailloux qu'il faut titiller pour provoquer l'effondrement général (ceci en enfilant le bras en dessous du bloc qu'il cherche à effondrer) (une fois il a fait ça mais c'était sa tête qui été dessous...), un sens de la fissure invisible dans laquelle il enfile son gros burin à grands coups de Grosse Berta (alias la Coucarracha), et quand il est arrivé à ses fins, il vous pose sur l'étalage un énorme gigot qu'il entreprend de débiter méthodiquement, avec amour, à grands coups de 4X30 bien placés. Un tel savoir faire me laisse toujours admiratif.

Pour ne pas rester spectateur, je propose à PH de prendre la relève et, la Grosse Berta à bout de bras, je tente quelque chose:

-" putain, j'avais jamais réalisé à quel point je n'avais pas de muscle..."

- "oui mais tu es mince toi..."

- "tu trouves?"

- "..."

Finalement, une dernière demi chisbugne nous permet de conclure : un grand coup de botte dans le bloc qui nous barre le passage et tout s'effrite laissant apparaître un noir appétissant. Oubliant ma claustrophobie, je m'allonge dans le passage, ça frotte mais ça passe!Quand je parviens enfin à tourner ma tête, c'est pour tomber nez à nez, permettez moi cette image, avec un cul! (cf description de PH).

La paroi se resserre complètement, la plafond descend et pour confirmer l'ambiance, tel une énorme hostie (cf description de PH), un vieux plancher stalagmitique couvert d'un dépôt d'argile... Pourtant le courant d'air passe dans dans l'arrêt du cul (cf PH)!!

Déçu...

                                                                        Nos 3.5 mètres de première

Tient,il est 18h, c'est curieux, en d'autres temps ça fait un moment que nous aurions plié bagage...

- "bon, c'était de la dernière"

- "sûr"

Nous nous replions en bon ordre. Voyage de retour calme. PH évalue le dénivelé que nous avons parcouru avec nos allers-retours :

- "on a dû faire un -100m non?"

- "je pense"...

... puis plus rien. En d'autres temps, PH aurait calculé aussi, combien de cm de désob nous avons parcouru à l'heure, combien de m3 dégagés en moyenne sachant que nous avons fait un 1/2 tir, etc.

Noeud de jonction Géessegé

Pour conclure, je dirais qu'il y a un quelque chose qui a changé chez le PH, une sorte de détachement, de sérénité, de prise de distance que l'on trouve chez les mystiques après avoir parcouru un très  long chemin...

...Bon, la comparaison s'arrête là parce que,sur d'autres aspects, il n'a rien de mystique...

TPST : 5-6h?